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COVID en Suède

Si c’était à refaire, l’épidémiologiste Anders Tegnell choisirait «quelque chose entre ce que la Suède et le reste du monde ont fait». Si c’était à refaire, l’épidémiologiste Anders Tegnell choisirait «quelque chose entre ce que la Suède et le reste du monde ont fait». Keystone

Elle avait misé sur l’immunité collective. A l’heure où les pays d’Europe déconfinent, la Suède a le rouge au front: le pays a franchi la barre symbolique des 5000 morts le 17 juin.

Estimant que le confinement ne marchait pas et que le virus recommencerait à circuler une fois les mesures levées, l’épidémiologiste en chef, Anders Tegnell, avait recommandé une politique plus souple. Crèches et écoles sont restées ouvertes; bars, restaurants et commerces aussi. Seuls les musées ont été fermés et les rassemblements de plus de cinquante personnes interdits. Lycéens et étudiants ont suivi leurs cours à distance et la moitié des Suédois ont adopté le télétravail, faisant baisser le nombre de personnes dans les rues et les transports publics.

Cette souplesse a été bien accueillie par la population, qui fait globalement confiance au gouvernement et vice-versa. Mais l’unité du pays se fissure à mesure que le bilan des décès s’alourdit. La Suède se place au cinquième rang mondial du nombre de morts par habitants derrière la Belgique, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie. En fait, elle ne fait guère pire que la France, qui la suit dans ce classement des cancres, mais elle a eu plus de temps pour se préparer. A ses portes, la Norvège compte onze fois moins de morts par habitant, le Danemark cinq fois moins et la Finlande huit fois moins.

Les faits ne donnent pourtant pas tout à fait tort à Anders Tegnell puisque l’hécatombe a eu lieu dans les maisons de retraite qui, elles, étaient interdites aux visites. Mais le manque de masques a fait des ravages parmi les personnes âgées qui ont également été très peu admises aux soins intensifs. Enfin, la Suède a attendu le mois de juin pour tester massivement sa population.

Sous la pression, le gouvernement a accepté une commission d’enquête indépendante tout en maintenant que sa politique n’est «pas un échec» et que sa stratégie paiera à long terme. En attendant, l’économie suédoise n’est pas épargnée: le chômage est passé de 7% à 8,4% et la Banque de Suède prévoit une contraction du PIB de 10% en 2020. 

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