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Là-bas dans le Caucase

C’est un conflit qui dure depuis plus de trente ans et dont personne ne parle. Cette semaine, l’Echo Magazine vous emmène dans le Haut-Karabagh, au sud du Caucase, appelé aussi république d’Artsakh – un pays qui n’est reconnu par aucun Etat membre de l’ONU.

Aujourd’hui peuplée par une immense majorité d’Arméniens (95%), cette région montagneuse a déclaré son indépendance en 1991, au grand dam de l’Azerbaïdjan, auqel elle appartenait durant la majeure partie du 20e siècle. Il s’en est ensuivi trois ans de guerre ethnique sanglante impliquant l’armée azérie, les forces indépendantistes du Haut-Karabagh et l’armée arménienne, venue en renfort de ces dernières. Résultat: des dizaines de milliers de civils morts des deux côtés et des centaines de milliers de déplacés. En effet, les nombreux Azéris qui vivaient dans le Haut-Karabagh, dans les sept districts alentours conquis par les forces arméniennes et en Arménie ont dû fuir leurs maisons, de même que les Arméniens qui vivaient ailleurs en Azerbaïdjan.

Aujourd’hui, le conflit du Haut-Karabagh apparaît comme un problème sans solution. Le cessez-le-feu déclaré en 1994 dure toujours, cahin-caha, malgré des échanges de tirs sporadiques et quatre jours de combats en 2016. Mais chaque armée est alignée le long des frontières, prête à recommencer. Et chaque Etat se distingue par son intransigeance et son incapacité à faire la moindre concession, malgré une intensification des échanges ces deux dernières années.

En attendant, des gens vivent dans cette région, montre notre reportage. Des enfants qui savent qu’ils passeront une partie de leur vie sous les drapeaux, qui apprennent à l’école comment monter et démonter une kalachnikov et utiliser toutes sortes d’autres armes. Des jeunes qui seront peut-être appelés un jour à négocier pour trouver une solution à cet interminable conflit, mais pour qui la guerre est devenue normale parce qu’ils n’ont jamais rien connu d’autre.

Heureusement, ce n’est pas tout. Face au blocage de la situation, différentes initiatives voient le jour actuellement qui permettent à de jeunes Arméniens et Azéris de se rencontrer, de dialoguer et de chercher ensemble un chemin vers la paix. Ce sont de petites gouttes d’eau dans l’océan, mais c’est le seul espoir qui reste: changer les mentalités, découvrir l’autre, imaginer la paix. Et ça fonctionne: lors de ces rencontres, beaucoup de participants insistent sur le fait «qu’ils ne veulent pas que les décisions prises par la génération de leurs parents décident de leur vie ou de celle de leurs enfants». Cela montre que malgré la propagande, l’éducation et le traumatisme de la guerre, un changement est possible.

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