L’âme des choses

A l’heure où le déconfinement donne des mots à des prosateurs de tout poil m’arrive un texte de François Cheng publié dans Le Figaro du 27 avril. Réflexion d’un poète sur notre rapport avec les choses, les êtres et nous mêmes.

Partant du fait que «le mot confinement contient l’adverbe finement», l’auteur invite chacun à s’interroger sur son approche de la vie – souvent empreinte «de gaucherie et de maladresse» – pour y verser plus de lucidité.

François Cheng livre ici un regard aiguisé sur la marche du monde et les incohérences d’une société pressée. Rappelant que tout, lorsqu’il s’inscrit dans une histoire, prend sens. Il ne s’agit pas du confinement et de l’après, d’un retrait et d’un sortir, mais bien d’une continuité à préserver. Que prouve notre rapport avec les choses, qui en dit tant sur notre humanité.

Les choses. Loin d’être posées ici ou là, et susceptibles d’être jetées dès qu’elles sont moins efficaces, elles nous éduquent, dit François Cheng, à l’attention, au respect, à la douceur et à l’harmonie. Sous la plume du poète, elles acquièrent une densité et une présence uniques: «On rapiéçait les chaussettes, on ravaudait les chemises, on réparait les porcelaines fêlées, on entretenait avec vénération les meubles légués par les aïeux. Ainsi traitées, les choses prenaient un aspect personnel, revêtaient un coloris intime». Car, et nous l’avons oublié, les choses «ont une âme, même un bout de ruban, même une épingle. Elles ont acquis une âme, pour avoir été les témoins de notre vie».

Alors, au lieu de nous agacer de leur présence «parce qu’elles nous renvoient l’image de notre propre désarroi» et de les jeter parce qu’elles ne nourrissent en nous ni attachement ni affection, sachons nous arrêter pour les contempler et faire d’elles «des interlocuteurs valables».

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