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La course au ciel

Décollage en Floride de la fusée Falcon 9, qui transporte 60 satellites Starlink pour les mettre en orbite. Décollage en Floride de la fusée Falcon 9, qui transporte 60 satellites Starlink pour les mettre en orbite. Keystone

Une ligne de points lumineux qui traverse lentement le ciel. Vous l’avez peut-être repérée il y a quelques semaines en Suisse. On en verra d’autres à l’avenir.

C’EST QUOI, CETTE LIGNE?

Il s’agit de satellites mis en orbite par la société SpaceX, fondée par le milliardaire Elon Musk. Celle-ci a procédé à ses sixième et septième lancements de satellites les 18 mars et 22 avril. Le huitième lancement a dû avoir lieu, sauf météo contraire, le 19 mai en Floride. Chaque lancement envoie soixante satellites dans le ciel. En 2020, un lancement est prévu chaque mois environ.

SpaceX ambitionne de constituer un réseau de 11’943 satellites d’ici 2025. Baptisé Starlink, celui-ci fournira un accès internet à haut débit à tous les habitants de la terre – c’est-à dire à ceux qui peuvent payer. A plus long terme, Elon Musk espère mettre 42’000 satellites en orbite.

ÇA FAIT BEAUCOUP?

Oui. En comparaison: depuis le premier Spoutnik soviétique, l’humanité n’a mis en orbite que 8000 satellites environ. 2218 d’entre eux sont encore opérationnels.

ÇA POSE PROBLÈME?

Les astronomes montent au front pour protester contre la pollution lumineuse que créent les satellites Starlink, qui péjore l’observation du ciel. Ceux-ci laissent en effet des traînées lumineuses sur les images des télescopes. SpaceX travaille à résoudre ce problème.

Les autres opérateurs de satellites sont aussi inquiets, car la multiplication d’objets en orbite basse augmente le risque de collision et de débris spatiaux. Or, aucune législation n’oblige les entreprises à évacuer les déchets spatiaux (satellites en panne, débris dus à des collisions) qu’elles laissent dans l’espace.

En plus, l’appétit spatial d’Elon Musk aiguise celui de ses concurrents: différentes grandes entreprises américaines, dont Amazon, et chinoises se sont lancées dans la course à l’espace. L’idée étant d’occuper le terrain afin de remporter, notamment, le marché des objets connectés.

ELON MUSK?

Outre SpaceX, cet entrepreneur américain d’origine sud-africaine, 54e fortune mondiale selon le magazine Forbes, est directeur de la société Tesla, qui construit des voitures électriques, et président de Solar City, active dans les panneaux photovoltaïques. Il a notamment déclaré lors d’une conférence TED en 2013 que Solar- City, Tesla et SpaceX visent à changer le monde et l’humanité. Il ambitionne de réduire le réchauffement climatique par la production et la consommation d’énergie durable et espère aussi établir une colonie humaine sur Mars.

ET QUE DIT LA LOI?

Bien que l’espace ait été déclaré bien commun de l’humanité en 1967, il n’existe pas d’instance internationale chargée de contrôler son utilisation. Tant que l’autorité américaine qui régule les communications dans son pays l’y autorise, Elon Musk peut «réaliser ce qui ressemble à une privatisation de l’espace en occupant massivement les orbites basses tout en accaparant des ressources utiles à toute la planète», écrivent l’astrophysicien Roland Lehoucq et le biophysicien François Graner dans le média en ligne The Conversation.

 

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