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Frère François

 

Rarement une encyclique aura suscité autant de réactions. Il y a cinq ans, Laudato si’ de François marquait une inflexion de taille dans l’histoire de l’Eglise tout comme dans la prise de conscience mondiale de la crise climatique.

La sauvegarde de la création, expression chrétienne, touchait les coeurs et les esprits, croyants ou non, concernés par notre devenir sur Terre. L’écologie intégrale du pape jésuite portant le prénom du Poverello d’Assise entrait dans le lexique des humains de bonne volonté qui ne veulent pas rester les bras ballants. Qu’en est-il une demi-décennie plus tard? L’Echo aborde la question (pages 10 à 15 et 32 à 35). Celle-ci reste totalement ouverte. Elle est même encore plus cruciale. Tout le monde ou presque l’a ressenti: les frissons nés avec la pandémie du coronavirus résonnent comme une alarme générale. Avec cette fichue Covid-19, ne serait-ce qu’en raison du honteux manque de masques sanitaires, plus d’une personne a la sensation de subir le contrecoup d’une folle mondialisation ultralibérale. Nous souffrons d’excès en tous genres. Un dérèglement planétaire est à l’oeuvre à travers un virus surgi d’une Chine ayant assorti la tyrannie maoïste à un technocapitalisme vorace.

Cela ne signifie pas que le courroux de Dieu se soit abattu sur nos pauvres têtes! Ne tombons pas dans ce travers obscurantiste! Mais ce sentiment d’incertitude angoissante, de crainte interrogative, voire de terreur paralysante, n’est pas sans résonance sacrée. Nos ancêtres l’ont ressenti à plus d’une reprise lors de calamités bibliques. A notre tour d’être soumis à cette épreuve. S’il y a une leçon d’humilité à tirer de ce funeste printemps, la voici: n’étant pas si différents de nos aïeux, nous sommes renvoyés à notre responsabilité.

Dans un Moyen Âge plus solaire que ténébreux, François d’Assise a justement montré un chemin de simplicité évangélique. En Ombrie, terre de spiritualité. Dans le premier quart du 13e siècle. Dorénavant, le pape François nous invite à suivre ce modèle d’humanité christique qui parlait à son prochain autant qu’aux oiseaux. Partout. Ici. Maintenant. L’homme se croit maître de la nature, rétorqueront certains. C’est peine perdue! La faute à Descartes! Aux chrétiens! Voilà un mauvais procès de myopes acrimonieux. C’est plutôt l’avidité aveuglée par la cupidité, l’ignorance et la paresse qui nous mène au désastre. Elle est le pétrole méphitique du paradigme techno-économique, de ce «modèle» dominant qui noie l’humain dans la dérégulation et broie tout ce qui vit sous le soleil.

Au contraire, écoutons la parole de François. Gardiens de la nature, nous devons en être les intendants bienveillants. Habités par le mystère de l’Incarnation. A l’écoute de notre prochain. Que nos prières soient des actes.

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