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Corona confinée

En cette fin de saison des pluies, la Lulua, notre grosse rivière, étend ses bras au bas de la colline, débordant largement sur les champs alentour.

Les hippopotames voient leurs aires de jeux agrandies et brament orgueilleusement. Dans quelques jours commencera la saison sèche et le fleuve se rétractera dans son lit habituel. On pourra pêcher facilement dans les étangs côtoyant le lit, où les poissons sont restés prisonniers. Les villageois s’en approchent dès maintenant pour repérer les lieux de cocagne...

Un jeune paroissien vient me vendre une tortue qu’il y a prise. Je l’appelle Corona. Une évidence: en ces jours de Pâques, la première lecture des vigiles nous plonge dans l’Apocalypse de Jean et je médite sur la «couronne» (3,11): «Je viens sans tarder: tiens fermement ce que tu as, pour que personne ne prenne ta couronne».

Ce que l’on a, il faut le tenir fermement même en situation difficile. J’ai mis à ma tortue un fil fin et long (3 mètres) pour lui donner, dans la végétation de notre cour, une vaste surface de jeu et de chasse. Mais Corona ne l’entend pas de cette oreille. Une fois posée sur la pelouse, elle s’en va le plus loin possible puis, bloquée, tire désespérément sur la ficelle. C’est toujours mieux ailleurs; c’est toujours mieux plus loin. Ensuite elle se résigne à son domicile, mais voilà qu’elle entortille son fil autour des plantes qu’elle contourne et rétrécit d’autant son champ d’action. Que c’est dur, le confinement d’une tortue! Si seulement elle savait tenir fermement ce qu’elle a.

Guy Luisier

Blog: www.regardobliquesur.blogspot.com

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