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Le visage de l’après

La pétition plaide pour «un redémarrage humaniste local et durable». La pétition plaide pour «un redémarrage humaniste local et durable». appeldu4mai.ch

Bonne nouvelle: l’économie suisse redémarre en douceur. Mais le but est-il de revenir le plus vite possible au monde d’avant? Ce n’est pas l’avis de l’Appel du 4 mai, un collectif qui a remis lundi une pétition aux parlementaires à Berne. Ces citoyennes et citoyens «libres de tout parti et de toute organisation, vivant en Suisse romande» ne veulent pas laisser la droite économique seule à la barre des débats sur la reprise.

«Depuis le début du semi-confinement, nos vies et nos habitudes ont drastiquement changé. Nous avons toutes et tous vécu des expériences hors de l’ordinaire remettant en question notre mode de vie et nos valeurs, parfois dans la douleur, mais également dans le bonheur d’un lien social renforcé et d’un contact renouvelé avec la nature», dit le texte qui, lundi à midi, avait déjà récolté 54’000 signatures.

Ce qui a changé? «Des parents ont rencontré leurs enfants, qu’ils voyaient d’habitude entre 18h et 19h le soir en rentrant du boulot; on a consommé local en allant faire ses courses chez le paysan du coin», a constaté Pierre Wazem, auteur de bande dessinée et signataire, sur La Première. Le Genevois n’a pas envie de revenir à «l’avant», à savoir «s’acheter une paire de baskets qui fait cinq fois le tour de la planète avant d’arriver dans notre petit carton; aller passer des weekends à Budapest pour boire des bières 90 centimes moins cher qu’ici». «Si redémarrer c’est avoir un aéroport avec un avion qui décolle toutes les cinq minutes, des agriculteurs, des caissières et des infirmières mal payés, si c’est consommer aujourd’hui, jeter demain, si c’est des villes remplies de voitures, eh bien, on dit non», renchérit la scénariste et auteure Julie Gilbert sur la même radio.

Le texte plaide donc pour une revalorisation des métiers qui se sont avérés essentiels pendant la crise, une aide aux petits indépendants, une reprise qui favorise les circuits courts et la production locale de nourriture et de médicaments et pour un conditionnement des aides aux entreprises à des objectifs de durabilité. Les prochaines semaines diront si les parlementaires prêteront l’oreille à cet appel.

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