Australien, il parle romanche

Il est australien, protestant, et il parle romanche! Ian Green, qui s’est établi à Nyon après une vie tissée de voyages, est un lecteur atypique. Il inaugure, en cette année anniversaire, une série de portraits de nos lecteurs et abonnés. «Je suis né à Adélaïde il y a septante ans d’une mère au foyer et d’un père ouvrier méthodiste – mais j’ai été baptisé anglican et j’ai fréquenté une école baptiste. A 22 ans, je suis parti au Canada pour voir le monde. A Halifax, j’ai fait une maîtrise en histoire, un domaine qui me passionne. Mes pieds me démangeaient », commence de sa voix douce Ian Green qui me reçoit chez lui.

C’est peu dire lorsqu’on l’écoute raconter une existence marquée par les voyages: «Arrivé à Québec un été en auto-stop, je suis resté six ans professeur d’anglais dans un collège». Puis c’est le Vermont, aux Etats-Unis, où Ian obtient à 29 ans une maîtrise en enseignement de l’anglais comme seconde langue – «j’ai appris plusieurs méthodes qui marchaient bien!», me confie-t-il les yeux brillants. C’est d’ailleurs lors d’un stage à San Francisco qu’il rencontre sa femme Adelina, originaire des Grisons.

Avide de découvrir une nouvelle culture, le jeune homme l’emmène au Japon. A Odawara, près du Mont Fuji, il enseigne l’anglais à des hommes d’affaires. Ce qu’il en retient? «Là-bas, la même pièce sert à recevoir, manger, dormir, et chacune de ces activités occupe tout l’espace. Nous avons vécu un an ainsi: une belle expérience! » Et puis, «un terrible tremblement de terre: impressionnant! ».

En 1981, Ian et Adelina s’établissent définitivement en Suisse: à Zurich, puis dans le canton de Genève, à Nyon enfin. Où il parle français: «Ouh! Ce fut très difficile de l’apprendre au Québec!». Contrairement au sursilvan: «Là, ce fut très facile: c’est une langue latine, et c’était ma deuxième langue étrangère».

Ian se forme en informatique et travaille tour à tour dans le privé, le public – il est même pour quelques années responsable de la formation des fonctionnaires de l’ONU à Genève – et auprès d’ONG.

UNE FENÊTRE FIABLE

La passion pour les voyages ne l’a pas quitté: «Lorsque je lis les reportages qui sont au centre de l’Echo Magazine, j’ai envie de visiter tous les pays dont vous parlez». Aujourd’hui retraité, Ian lit notre journal toutes les semaines avec intérêt: «C’est varié. J’aime le tour de l’actualité en images. Je découvre nombre d’expositions que je visite ensuite avec plaisir, et des films que je vais voir. Et puis, votre journal reflète la pensée catholique avec un esprit critique, ce qui me plaît».

L’Echo Magazine? «Une petite fenêtre, fiable et unique, sur ce qui se passe dans le monde. Des sujets attendus et inattendus souvent abordés dans une perspective insolite. Un agréable moment de lecture.»

Adelina, qui nous a rejoints,me montre la pile d’«Echos» qui s’élève derrière sa chaise: «On en a plein dans les combles, vous pensez, depuis vingt ans que nous sommes abonnés! On a de la peine à les jeter!». Et de poursuivre: «J’ai reçu un jour un coup de téléphone pour un abonnement gratuit de trois mois – ça aide! – et j’ai fait le pas». Pourquoi? «Pour votre ouverture. Et, parce que je suis catholique, pour soutenir une presse de qualité.»

Geneviève de Simone-Cornet

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