Ne soyons pas dupes

Ce lecteur s’exprime sur l’éditorial «L’odeur de la poudre» et l’article intitulé «Ukraine: il faudra bien faire la paix» publiés dans l’Echo Magazine no 13 du 30 mars.

Permettez-moi de revenir sur votre éditorial et l’article sur la voie du pacifisme qui l’accompagne. Tout en trouvant précieux que l’on puisse soutenir une position pacifique, je trouve celle-ci particulièrement dangereuse dès lors qu’elle devient idéologique. En effet, si de belles victoires ont été obtenues par des mouvements pacifistes, notamment lors de conflits civils (Inde, Afrique du Sud), il n’en va pas de même lorsqu’il s’agit de s’opposer à des mouvements totalitaires, comme ce fut le cas lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Oui, il arrive que l’on doive recourir au mal pour éviter un mal bien plus grand. Il ne s’agit certes pas de diaboliser l’ennemi ni de se laisser aller à la fascination des armes, mais il ne faut pas non plus être dupe. Car qu’on ne s’y trompe pas: comme le dit Oleksandra Matviïtchouk, lauréate du prix Nobel de la paix 2022, cette guerre n’est pas qu’un conflit entre deux pays. C’est un conflit entre deux systèmes de valeurs, l’un démocratique, l’autre autoritaire. Ce dernier n’étant à l’évidence pas davantage prêt à négocier une paix avec l’extérieur (que, pour le coup, il prend soin de diaboliser: les «nazis») qu’à négocier quoi que ce soit avec les personnes critiques à l’intérieur (presse muselée, journalistes assassinés, opposants emprisonnés). A ne jamais vouloir se salir les mains, on risque effectivement de faire le jeu de ceux qui foulent aux pieds toutes les barrières de l’Etat de droit et utilisent tous les moyens à leur disposition pour assoir leur pouvoir.

Daniel Cornaz, Fribourg

 

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