Une question à la foi: Peut-on rire dans une église?

J’aime faire rire l’assemblée au détour d’une homélie. «La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri», disait Chamfort. Mais cela m’est parfois reproché: pour certains, un ministre doit interdire aux zygomatiques une manifestation trop ostensible dans un lieu sacré.

Il y a quelques jours, lors de la consécration du nouvel autel de l’église de Bex (VD), Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, rappelait que les églises servent à rencontrer la personne du Christ – à travers la Parole, l’eucharistie, la communauté aussi. En tête à tête, il me redisait combien il lui semble important que les ministres, eux aussi, transmettent la joie.

Le pape François, autant que son prédécesseur Benoît XVI, l’ont dit. Le premier dans «Dieu est joie»: «La joie est très proche du sens de l’humour. Un chrétien qui ne l’a pas, il lui manque quelque chose». Et le second dans «La messe est une fête»: «Où manque la joie, où disparaît l’humour, là n’est certainement pas l’esprit du Christ!». Rencontrer le Christ – ce à quoi servent les églises, donc – c’est aussi rencontrer la joie et l’humour. Il n’est que de lire les évangiles pour s’apercevoir que le Christ ne manquait ni de l’un ni de l’autre. Dès lors peut-on rire dans une église? Non seulement on peut, mais une église où l’on ne rirait jamais poserait de sérieuses questions quant à sa capacité d’être un lieu de rencontre authentique avec le Christ.

Vincent Lafargue

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