Sur le toit du monde

OEuvre du réalisateur et journaliste valaisan Gaël Métroz, le documentaire Sâdhu trace le portrait d’un saint homme hindou. OEuvre du réalisateur et journaliste valaisan Gaël Métroz, le documentaire Sâdhu trace le portrait d’un saint homme hindou.

Le réalisateur valaisan Gaël Métroz a accompagné un sage hindou en pèlerinage. Sâdhu est autant un carnet de voyage qu’une quête spirituelle. Ce film sera projeté dans le cadre du festival Il est une foi dont l’Echo Magazine est partenaire.

Facétieux, philosophe et fan de Bob Dylan: des adjectifs inhabituels pour désigner un sâdhu, un saint homme hindou. Suraj Baba détonne. Depuis près de huit ans, il vit en Inde dans une grotte à plus de 3000 mètres d’altitude. Entouré par la nature, il médite. Lorsque Gaël Métroz rencontre cet ascète ayant fait voeu de pauvreté et de chasteté, le dialogue n’est pas évident. «Il n’avait plus l’habitude de la compagnie d’autrui, il lui fallait une minute avant de me répondre», raconte le réalisateur valaisan.

QUÊTE INITIATIQUE

Alors le cinéaste pose sa caméra et apprend à connaître l’homme. Ils s’apprivoisent peu à peu. Jusqu’au jour où, après trois mois de cohabitation, le sâdhu explique vouloir se rendre à la KumbhMela, le plus grand rassemblement religieux au monde. Tous les douze ans, des millions de pèlerins hindous se pressent au bord du Gange. «Je lui ai dit que je l’accompagnais, en échange de quoi je pouvais le filmer sans filtre. Ce fut notre pacte», explique Gaël Métroz.

Une fois arrivé sur les rives du grand fleuve indien, c’est la déception: la spiritualité a cédé la place à des faux semblants de vertu et de piété. Désorienté par ce cirque folklorique à ciel ouvert, Suraj Baba veut revenir aux fondements de sa foi. Pour cela, il entreprend un périple vers les lacs sacrés de Damodar, vers la frontière du Tibet, à plus de 5000 mètres d’altitude...

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Dans Sâdhu, les cols majestueux de l’Himalaya côtoient les plaines gangétiques. Face à ces paysages homériques, Gaël Métroz a l’intelligence de s’effacer. Il filme Suraj Baba au plus près pour tenter de déchiffrer son questionnement intérieur, ses ambiguïtés, ses tourments. «Il ne correspondait pas à l’image que je me faisais d’un sâdhu. Il représentait la vraie sagesse: celle d’un homme en quête de sens.»

Le tournage, qui devait durer six mois, prend finalement un an et demi. «Ce voyage m’a amené plus loin que jeme l’imaginais, se rappelle Gaël Métroz. Je suis parti en me demandant si l’on vivait plus heureux avec peu. En fin de compte, la réponse semblait plus claire avant mon départ! J’ai surtout réalisé que l’homme est un animal social.» Huit ans ont passé depuis la sortie de ce documentaire. Qu’est-il advenu du sâdhu? «Plusieurs semaines après être rentré en Suisse, j’ai reçu un email de Suraj Babam’annonçant qu’il était retourné chez lui, dans sa grotte. Il s’occupe désormais de ses neveux tout en restant un être spirituel en marge, en quête perpétuelle de vérité et d’absolu.» Quant au réalisateur suisse, il vient de terminer un documentaire sur les mariages entre musulmans et chrétiens au Mali, où il observe les conflits géopolitiques à travers l’intimité des couples.

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Steven Wagner

Il est une foi

31B EM17Sâdhu sera projeté à 20 h samedi 8 mai aux cinémas du Grütli à Genève dans le cadre d’Il est une foi, les rendez-vous cinématographiques de l’Eglise catholique. Gaël Métroz sera présent et y débattra de la dimension spirituelle de son périple en compagnie de l’ermite. Le film et les discussions seront diffusés le lendemain en version digitale sur filmingo.ch/ilestunefoi.

SW

  

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