Vaccination: Tous pour un?

Vaccin parmi les plus décriés, l’AstraZeneca est réservé aux pays pauvres, qui tardent à le recevoir. Vaccin parmi les plus décriés, l’AstraZeneca est réservé aux pays pauvres, qui tardent à le recevoir.

L’Europe est le continent le plus vacciné contre la Covid et l’Afrique le moins. Comment expliquer cette inégalité vaccinale qui met en péril la lutte contre la pandémie?

L’EUROPE AU TOP?

Même si elle semble un peu à la traîne en Europe, la Suisse fait partie du continent qui vaccine le plus contre le coronavirus. Avec les Etats-Unis, Israël et les régions les plus riches du monde, l’Europe devance les géants chinois et indien, mais également la Russie. Le grand perdant reste le continent le plus pauvre: l’Afrique.

L’AFRIQUE OUBLIÉE?

Si un habitant sur quatre est aujourd’hui vacciné dans les pays riches, un sur 500 l’est dans les pays pauvres. L’Afrique, où le nombre de contaminations s’envole, connaît le taux de vaccination le plus faible au monde. Seuls 2% des Africains ont été vaccinés alors que l’objectif est de 20% cette année. L’Organisation mondiale de la santé dénonce une «inégalité vaccinale ». Au moment où nous mettions sous presse, près d’une vingtaine d’Etats africains n’avaient toujours pas reçu une seule dose de vaccin.

A QUI LA FAUTE?

Aux pays riches, qui se sont réservé la plus grande partie des doses. Et à l’industrie pharmaceutique, ajoute Public Eye: loin de rendre ses produits accessibles à tous, la Big Pharma profite de la situation, affirme l’ONG d’investigation suisse. Qui énumère dix stratégies permettant au secteur de maximiser ses profits au détriment de la population. Parmi elles, le refus de la transparence sur les coûts des vaccins alors que des fonds publics sont engagés; et l’imposition de prix injustifiables.

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VACCINS PEU RENTABLES?

L’industrie pharmaceutique oriente la recherche «uniquement en fonction de ses intérêts», affirme Public Eye. Les maladies chroniques et longues à soigner, pour lesquelles la population des pays riches a les moyens de payer, sont par exemple plus rentables que les maladies infectieuses qui touchent avant tout les pays pauvres. Les vaccins, qui préviennent la maladie, sont eux aussi vus comme peu lucratifs. Ce qui expliquerait pourquoi «17 ans après une crise sanitaire provoquée par un virus très similaire à la Covid-19 (le SRAS, ndlr), nous n’avions, au début de cette pandémie, aucun prototype de vaccin ni traitement potentiel» à disposition.

QUE FAIRE?

Le Covax, mécanisme censé rééquilibrer (un peu) la balance, ne fonctionne pas. L’Inde, la plus grande fabrique au monde de vaccins, assaillie par le virus, a interdit toute exportation. Les livraisons de doses Covax, financées par les pays riches pour les pays pauvres, sont annulées depuis deux mois. L’Afrique du Sud et l’Inde demandent depuis octobre de lever temporairement le système des brevets pour leur permettre d’augmenter la production. Le 15 avril, Joseph Stiglitz, Michel Mayor et d’autres prix Nobel, suivis d’anciens chefs d’Etats, ont à nouveau interpellé l’OMC pour qu’elle octroie aux dizaines de pays qui la réclament une dérogation. Mais les Etats riches, dont la Suisse, préfèrent soutenir le programme Covax plutôt que de céder des brevets au nom de l’argent public investi. Quitte à prendre le risque que le virus se propage et revienne sous une nouvelle forme.

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