Une Eglise de baptisés

«Il faut traiter les fidèles non comme de simples participants aux célébrations religieuses, mais comme des consommateurs à part entière qu’il faut être en mesure de fidéliser», lance tout de go Antonio Kater Filho, fondateur de l’Institut brésilien de marketing catholique (IBMC), dont vous découvrirez les intuitions dans l'article suivant.

Il est rejoint par son président, le cardinal Orani João Tempesta, archevêque de Rio de Janeiro: pour lui, c’est par un marketing adéquat qu’on retiendra les catholiques dans leurs communautés et qu’on luttera efficacement contre les Eglises évangéliques, qui gagnent du terrain.

Cela peut choquer car la foi, loin d’être un produit, est une relation intime avec Dieu; elle n’est ni quantifiable ni reproductible, fruit d’une histoire personnelle faite d’un héritage reçu et de rencontres. «Elle est don et accueil de ce don», dit le moine cistercien Guillaume Jedrzejczak dans une récente interview accordée à l’hebdomadaire La Vie. Elle est réponse de l’homme à Dieu, expérience et risque.

Difficile, dans ces conditions, de voir en chaque croyant un consommateur que l’on retiendrait par une offre adaptée à ses besoins. Car la foi est une aventure dont nous ne connaissons pas les contours: croire, c’est se laisser guider par un Dieu étonnant jusqu’à fouler des chemins inédits. «Loin d’être une réponse toute faite, la foi est ainsi une autre manière de questionner le réel et de se laisser questionner par celui-ci», ajoute Frère Guillaume.

Nos paroisses n’auraient-elles pas dû saisir cette occasion pour proposer autre chose?Ce que n’ont pas manqué de faire les bénédictines d’Hurtebise, en Belgique: privées de messes de mars à juin 2020, elles ont discerné et cheminé vers la décision de ne célébrer l’eucharistie que les dimanches, jours de fête et solennités du Seigneur. Un processus entamé en 2012 et que la pandémie a accéléré. A la lumière de l’histoire, de la théologie et de l’expérience et «à l’écoute des signes des temps», les moniales ont redécouvert le sens de la liturgie des heures: sanctifier le temps. Leur choix souligne combien l’eucharistie est «le centre, la source et le sommet d’une vie de prière qui imprègne chaque moment de la vie».

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Chez nous, les Soeurs de Saint-Maurice, à la Pelouse, ont vécu durant le confinement des liturgies de la Parole, chacune assurant le commentaire à tour de rôle. Et bien des laïcs se sont mobilisés pour, en l’absence de célébrations, maintenir le lien avec les paroissiens. Dont certains ne sont pas revenus, ayant trouvé d’autres lieux que la messe où nourrir leur foi.

Cette désaffection interroge: nos paroisses n’auraient-elles pas dû saisir cette occasion pour proposer autre chose, rassembler la communauté ailleurs qu’à la messe dominicale? Mettant en oeuvre la synodalité voulue par le pape François et prenant les baptisés au sérieux? Des chemins existent: empruntons-les sans nostalgie. Certains, accrochés à leur pouvoir, y perdront sans doute. Mais il y a tant à gagner! Et, surtout, il y va de l’avenir de nos paroisses.

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