Fukushima, 10 ans après

Le tsunami à l’origine de la catastrophe nucléaire de Fukushima a tué 19’000 personnes. Le tsunami à l’origine de la catastrophe nucléaire de Fukushima a tué 19’000 personnes.

Le Japon peine encore à estimer les dommages causés par la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011, que l’Etat fait passer pour un accident industriel comme les autres.

FUKUSHIMA?

Il y a dix ans, le 11mars 2011, un séisme suivi d’un tsunami détruisait la centrale nucléaire de Fukushima au Japon. Aux 19’000 victimes de la vague géante sont venues s’ajouter un nombre inconnu de morts induites par la radioactivité. Si d’anciens travailleurs de la centrale ont obtenu gain de cause, d’autres ont perdu la vie sans que les autorités aient reconnu un lien avec ce que l’on considère comme la catastrophe nucléaire la plus grave après celle de Tchernobyl.

DOMMAGES COLLATÉRAUX?

Qu’il s’agisse du cancer de la tyroïde, en hausse chez les enfants, ou de la croissance des suicides – en 2013 surtout – chez les habitants des zones évacuées, maintenus dans une situation d’attente insupportable et souffrant de stress post-traumatique, les conséquences à long terme de la catastrophe restent difficiles à mesurer. La faute à des autorités peu intéressées. Des animaux ont aussi dû être abattus en masse dans les élevages. Et si les surfaces habitées et cultivées semblent avoir été en grande partie décontaminées, impossible de sauver les forêts qui recouvrent les montagnes ni le secteur de la pêche.

DÉJÀ DES MUSÉES?

«Des musées sur la catastrophe ont ouvert dans les villages touchés, rappelle dans La Vie Cécile Asanuma-Brice, chercheuse au CNRS et codirectrice d’un programme international d’études sur Fukushima. Le message va de l’éducation à la radioactivité à la banalisation de la catastrophe, présentée comme un accident industriel parmi d’autres.» Le discours se veut rassurant et prône la résilience, «mais ces musées entretiennent la colère d’un pan entier de la population». Depuis le séisme, des associations japonaises luttent contre la réouverture des centrales. Les 42 réacteurs nucléaires du pays avaient été stoppés, puis neuf ont été remis en route, puis cinq arrêtés à nouveau et 24 ont finalement été démantelés.

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ET AILLEURS?

Fukushima a créé un choc politique dans plusieurs Etats dont l’Allemagne. Les dernières centrales nucléaires y seront mises hors service fin 2022. Berlin ne regrette pas avoir choisi de sortir du nucléaire quatre mois à peine après le tsunami: rarement une décision aussi radicale n’aura obtenu un consensus aussi vite outre-Rhin. En Suisse, Doris Leuthard, ministre de l’énergie, avait décidé dans les jours qui avaient suivi le drame de suspendre les demandes de construction de trois nouvelles centrales nucléaires. Le 25 mai, le Conseil fédéral avait opté pour l’abandon progressif de l’énergie atomique, choix confirmé en 2017 par le peuple (oui à la stratégie énergétique 2050).

ET ENSUITE?

Bientôt privée d’énergie nucléaire, l’Allemagne doit en plus se préparer à abandonner ses centrales à charbon d’ici 2038. Pour sécuriser son approvisionnement, Berlin pourrait être tentée de se tourner vers ses centrales au gaz, au risque de renforcer sa dépendance à la Russie. En Suisse, où la consommation d’énergie ne diminue pas, la question des alternatives au nucléaire n’est pas réglée non plus.

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