Facebook se braque

«Pas de ‘j’aime’ pour un réseau insociable », titre The Australian. La réaction est vive face au blocage des articles d’information par Facebook. «Pas de ‘j’aime’ pour un réseau insociable », titre The Australian. La réaction est vive face au blocage des articles d’information par Facebook.

Le réseau social a bloqué la publication et le partage d’articles de presse en Australie. Pour ne pas avoir à les payer à l’avenir. Un défi lancé à Canberra – et au reste du monde.

POURQUOI CE BLOCAGE?

Facebook menaçait, Facebook l’a fait. Le réseau social s’oppose à une loi qui lui imposerait, comme aux autres plateformes, de rémunérer les médias australiens pour leurs contenus d’actualité. Parce que Google et lui se partagent plus de 80% des dépenses publicitaires en ligne, les autorités veulent les contraindre à conclure des accords avec les éditeurs. Qui réclament d’être payés pour leur travail, dont les plateformes profitent. Facebook relativise: l’information représente moins de 4% des publications. Et souligne que les médias profitent de ses services pour augmenter leur audience et leurs revenus publicitaires.

UNE BONNE STRATÉGIE?

Facebook n’a certainement pas amélioré son image. Le Sydney Morning Herald relève que le blocage a aussi touché, entre autres effets secondaires, les pages d’autorités sanitaires à la veille du début d’une campagne de vaccination – «regrettable erreur », selon Facebook. Le Guardian parle d’une «désinformation généralisée » qui gagne du terrain: alors que les médias traditionnels étaient bloqués, les conspirationnistes publiaient normalement. Pour le même quotidien anglais, «Facebook parie que l’Australie ne peut vivre sans lui. Imaginez que nous lui prouvions qu’il a tort». Le groupe de Mark Zuckerberg représenterait le principal moyen d’information de 40% des Australiens.

UNE BONNE LOI?

Pas encore votée, la loi a de l’effet: après avoir menacé de suspendre son moteur de recherche en Australie, Google a conclu un accord avec des groupes de presse. L’entreprise versera ainsi des «sommes significatives» à News Corp, le plus grand groupe de presse du pays, aux mains de Rupert Murdoch. Ce qui crée un malaise. Un commentaire du Guardian évoque un «précédent où un gouvernement utilise la loi pour décider quel éditeur il veut favoriser ou non».

Téléchargez gratuitement
l'Echo de cette semaine!

Cette semaine, l'Echo Magazine vous
est offert au format PDF en inscrivant
votre adresse email ci-dessous.


ET AILLEURS?

Le blocage des médias australiens interroge en Europe également. En Allemagne, Der Standard parle d’une «démonstration de force qui pourrait se changer en autogoal». Elle attire en effet l’attention sur le modèle australien, qui intéresserait de près le Canada et l’Union européenne. Celle-ci a déjà édicté une directive qui a conduit en 2019 un tribunal français à imposer à Google de négocier avec les éditeurs. Le moteur de recherche a par ailleurs conclu l’an dernier un accord avec des médias allemands.

QUE FAIT LA SUISSE?

La question d’imposer aux plateformes de rémunérer l’utilisation des contenus journalistiques s’est posée au moment de réviser le droit d’auteur en 2019. Le Parlement a préféré prendre le temps d’observer ce que fait l’Union européenne. L’imposition des grands groupes numériques est également dans certains esprits. Le Conseil fédéral s’engage pour la démarche internationale de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), un impôt national pouvant provoquer des contre-mesures, a-t-il écrit la veille du blocage des médias australiens par Facebook. 

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



Téléchargez gratuitement
l'Echo de cette semaine!

Cette semaine, l'Echo Magazine vous
est offert au format PDF en inscrivant
votre adresse email ci-dessous.


NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



festival itinerances