Des femmes en chemin

Le 7 février, cela fera cinquante ans que les Suissesses peuvent voter et être élues au niveau fédéral. Un droit conquis après plus d’un siècle de lutte et des échecs réitérés dans les urnes.

Il faut saluer le courage des pionnières, la persévérance des associations féministes et le long travail opéré dans les consciences pour sortir des stéréotypes – séparation des tâches masculines et féminines avec la femme dévolue au soin du foyer – et vaincre les résistances dans bien des têtes. La lutte n’a pas été vaine: aujourd’hui, dans notre pays, voter va de soi pour chacune et chacun.

La place des femmes dans la société a évolué depuis la première pétition, lancée en 1868 par une poignée de Zurichoises: mieux instruites et plus présentes sur le marché du travail, elles font désormais entendre leur voix. Même si l’on observe ici et là des gouvernements cantonaux entièrement masculins.

Cependant des inégalités persistent. Et continuent à mobiliser. Qui ne se souvient des grèves des 14 juin 1991 et 2019 qui avaient rassemblé dans les rues des centaines de milliers de femmes revendiquant leurs droits? Il y a deux ans, parmi les participantes, des membres du Réseau des femmes en Eglise du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Décidées à lutter «contre toute forme de cléricalisme», elles demandaient «une participation significative des femmes dans les instances décisionnelles et de formation », soulevant un réel espoir.

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Qu’en est-il aujourd’hui? Pour le savoir, l’Echo Magazine a rencontré trois femmes exerçant d’importantes responsabilités dans l’Eglise de Suisse romande. Si, côté catholique, elles sont appréciées et respectées dans leur travail, elles ne peuvent toujours pas prêcher – sauf exceptions – ni donner les sacrements, aboutissement logique d’un accompagnement spirituel. Et elles se demandent pourquoi l’Eglise réserve encore le diaconat aux hommes.

Il faut repenser les ministères, les ouvrir largement aux femmes.Reconnaître les compétences théologiques, pastorales et administratives des femmes dans l’Eglise ne suffit pas: il faut repenser les ministères, les ouvrir largement aux femmes. Non pour remédier au manque de vocations sacerdotales, mais pour bâtir une Eglise plus inclusive qui associe chacun aux décisions.

Il faut lutter, dit Valentine Rinner, qui a lancé en France un site de prédication en format audio ouvert à tous (www.ohmygoddess.fr), pour que «l’existence sexuée ne détermine plus ce que l’on a le droit de faire ou non dans notre Eglise». Pour que se rejoignent «la singularité et l’altérité que le Christ m’invite à vivre personnellement et ma réalité ecclésiale de jeune femme laïque», poursuit-elle dans un entretien à la revue Etudes. Ce qu’il faut réformer, c’est «la structure de gouvernance, qui ne permet pas que les relations soient vécues en altérité». Une altérité «plus forte que la domination» et fondée sur le baptême. Sans elle, l’Eglise continuera de boiter.

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