Loïc Meillard: skieur et photographe

Un athlète de haut niveau passionné de photographie de montagne. Loïc Meillard est actuellement 6e du classement général de la Coupe du monde de ski alpin. Un athlète de haut niveau passionné de photographie de montagne. Loïc Meillard est actuellement 6e du classement général de la Coupe du monde de ski alpin.

Skieur suisse fort en vue, notamment en géant, le Valaisan Loïc Meillard a une autre passion: la photographie. Où qu’il se trouve, en compétition ou en vacances, il capture des images de cette nature montagneuse qu’il aime tant.

Quand il se déplace pour la Coupe du monde de ski, Loïc Meillard, l’un des meilleurs géantistes actuels, est toujours plus chargé que ses coéquipiers: en plus de son équipement, il transporte toujours avec lui son matériel photo, des appareils, des téléobjectifs, des drones aussi parfois. «Trop», glisse-t-il, amusé.

12B EM03«Ce qui était un hobby pour moi à l’adolescence est devenu une passion », confie ce sportif né à Neuchâtel en 1996 mais vivant en Valais depuis treize ans, et se considérant donc comme Valaisan sans renier ses origines. Loïc Meillard se présente sur son site comme Swiss Alpine Skier & Photographer, «Skieur alpin et photographe suisse». «Ma carrière me permet de ramener des clichés des quatre coins du monde, j’aime partager avec vous ma passion des sports de glisse et de la montagne».

Lacs perdus au milieu de sommets enneigés, chutes d’eau vertigineuses, couchers de soleil sur les hauteurs: ses superbes images témoignent de son amour de la montagne et respirent le grand air. «J’ai toujours aimé être dans la nature», relève ce champion à l’âme d’esthète.

 

ARPENTER LES SOMMETS

La montagne, Loïc Meillard n’y fait pas que du ski. Il l’arpente de toutes les manières possibles et en toute saison: à peau de phoque, en VTT, en escalade, en surf. «La liste est longue», sourit-il. En fin de saison dernière, une blessure contractée lors d’une sortie en freeride au Japon l’a empêché de participer à deux courses, ce qui avait provoqué une mini-polémique. Il ne regrette rien. «Je me suis pénalisé moi-même et personne d’autre. Aujourd’hui, je continue à faire du freeride n’importe où dans le monde parce que j’aime ça. C’est mon choix.»

11A EM03Surdoué, Loïc Meillard a été double champion du monde junior (géant et combiné) en 2017 à Are en Suède. Son talent, il l’a depuis totalement confirmé au plus haut niveau. En 2018 à Saalbach (Autriche), il signe l’exploit d’enchaîner deux deuxièmes places, en géant et en slalom, en l’espace de 24 heures, nouvelle preuve de sa polyvalence. «J’aime varier les plaisirs, sauf la descente. J’en ferai peut-être, mais quand je serais plus vieux», persifle-t-il. Le plus beau compliment qu’il ait reçu à ce jour est signé par l’immense Autrichien Marcel Hirscher, huit fois vainqueur du gros globe de cristal: «Loïc est le plus grand talent actuel du cirque blanc». Ce que le Valaisan, flatté, relativise quelque peu. «C’est joli à entendre, mais cela ne change pas grand-chose pour moi. «Je suis sur le bon chemin. J’ai encore plein de choses à améliorer.»Je suis sur le bon chemin. J’ai encore plein de choses à améliorer.» Le géant est sa discipline de prédilection. L’hiver dernier, après Saalbach, il a récolté une autre deuxième place à Garmisch-Partenkirchen, en Bavière. Il ne lui manque désormais qu’une victoire. «C’est mon objectif. Je suis presque toujours devant, je m’en approche.» L’art du géant consiste à enchaîner les virages avec fluidité, sans à-coups, qualités qui sont sa marque de fabrique. «Il sait laisser aller ses skis avec son super toucher de neige», observe l’entraîneur Jörg Roten, du cadre Swiss Ski. Et Loïc de commenter: «Ce feeling me vient, je crois, de mon enfance quand, avec mon père, en plus des pistes balisées, on faisait beaucoup de poudreuse».

12C EM03Longtemps parent pauvre du ski suisse, le géant constitue aujourd’hui l’un de ses grands atouts. Loïc Meillard, avec le Nidwaldien Marco Odermatt, le Grison Gino Caviezel et Justin Murisier l’autre Valaisan, forment la meilleure équipe du monde. «Heureusement qu’on s’entend bien, car on passe plus de temps entre nous qu’avec nos familles, rigole Loïc. On progresse mutuellement en se tirant la bourre à l’entraînement. Et quand un de mes coéquipiers monte sur le podium, je suis presque aussi heureux que lui.»

L’IMPORTANCE D’ADELBODEN

Adelboden, dans l’Oberland bernois, représente l’épreuve reine que tout géantiste rêve de gagner avec, en temps normal, une foule record au pied du fameux mur final. Troisième de la première manche l’hiver dernier, Loïc avait ensuite tout perdu en raison d’une grosse faute. «Pour les descendeurs il y a la Streif de Kitzbühel et pour nous Adelboden, surtout quand on est suisse.» 

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Cet hiver, il déplore bien sûr l’absence de public, coronavirus oblige. «D’habitude, il y a toujours nos fans, nos familles qui nous attendent à l’arrivée. Cette saison, ils nous manquent, c’est triste.» Et pourtant, Loïc Meillard a réussi une excellente prestation lors du rendez-vous d’Adelboden 2021: il a été 6e et 3e des slaloms géants des 8 et 9 janvier!

Chez les Meillard, le ski a toujours été une affaire de famille. Mélanie, la soeur de Loïc, de deux ans sa cadette, est l’une des meilleures slalomeuses suisses. Jacques, le papa, a fait de la compétition en ski de vitesse. Loïc dévalait les pistes à deux ans déjà. Les parents, alors que Loïc avait 12 ans, ont décidé de quitter Neuchâtel pour Hérémence, dans le Val d’Hérens, pour faciliter la vie de leurs champions en herbe. «Notre rôle de parents était de les accompagner, mais ils se sont construits eux-mêmes», souligne le papa. Loïc n’a jamais senti, il tient à préciser, la moindre pression de la part de ses parents. «Ils ont tout fait pour qu’on progresse. Si j’en avais eu marre, j’aurais pu arrêter du jour au lendemain.»

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PREMIER APPAREIL

Loïc Meillard avait 16 ans quand il a acheté son premier appareil photo. «J’étais apprenti à la banque Raiffeisen, c’était surtout pour les vacances. Aujourd’hui, son équipement est digne d’un professionnel. «J’essaie de développer mes connaissances, d’affiner mon style.» Pendant la Coupe du monde et les stages, il profite de son temps libre pour aller se balader et faire de la photo. «C’est ma manière de m’évader, de penser à autre chose.»

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Passionné de voyages, l’athlète helvétique rapporte de nombreuses images de vacances passées à bivouaquer en pleine nature. A regarder son site, on se sent totalement dépaysé. Voilà, vu du ciel, un improbable terrain de foot en Norvège isolé sur un rocher encerclé par la mer. Sur une autre photo, Loïc Meillard glisse dans les paysages lunaire d’Islande où mer et montagne se rejoignent. A Saas-Fee, une lune toute jaune décline sur fond de sommets enneigés, une image saisie à l’aube avant une première descente. «Même à l’entraînement, j’ai toujours un appareil avec moi, histoire de capturer de tels moments», conclut l’esthète du ski suisse.

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Bertrand Monnard

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