L'après Merkel

Armin Laschet veut incarner la confiance au sein de la CDU. Il promet d’écouter et de trouver des compromis. Son ex-rival ne lui facilitera peut-être pas la tâche. Armin Laschet veut incarner la confiance au sein de la CDU. Il promet d’écouter et de trouver des compromis. Son ex-rival ne lui facilitera peut-être pas la tâche.

Armin Laschet, 59 ans, est le nouveau patron de la CDU, l’Union chrétienne- démocrate d’Allemagne d’Angela Merkel. Choisi par moins de 53% des délégués lors d’un congrès digital, il représente la voie de la continuité, selon des observateurs unanimes.

Le Temps parle même de «réincarnation d’Angela Merkel».

Le choix d’Armin Laschet paraissait évident; il ne l’était pas tout à fait. Si plusieurs pontes de la CDU avaient exprimé leur soutien au ministre-président de Rhénanie-du-nord-Westphalie, celui-ci avait deux concurrents dont le plus sérieux, Friedrich Merz, représentait l’aile droite du parti. Et sa position au début de la pandémie, contre un confinement, lui avait valu un certain nombre de critiques tout comme des commentaires favorables au président syrien ou dénonçant un «populisme anti-Poutine».

Le choix d’Armin Laschet paraissait évident; il ne l’était pas tout à fait.Arrivé deuxième au premier tour de scrutin, Armin Laschet est néanmoins président. Sa tâche ne sera pas aisée. Sa prédécesseure, Annegret Kramp-Karrenbauer, avait jeté l’éponge après deux ans. Il devra créer une unité mais, relève la Süddeutsche Zeitung, Friedrich Merz ne semble pas décidé à l’aider: «Rarement un perdant aura montré aussi clairement ne pas se rallier». A cela s’ajoute que le parti est «en mal d’idées»; de l’avis du Figaro, «le programme de la démocratie chrétienne post-Merkel reste flou». Quant à la personnalité d’Armin Laschet, si Le Monde le décrit comme un homme «volontiers jovial», Die Zeit Online, dans un commentaire un brin désabusé, ne l’estime «pas particulièrement passionnant» – tout comme sa politique.

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Or le temps presse: les élections législatives ont lieu en septembre. Si Armin Laschet a l’ambition naturelle de succéder à Angela Merkel – la tradition veut que le président du parti soit candidat à la Chancellerie –, le poste ne lui est pas promis. Seuls 28% des Allemands le jugent capable de l’occuper alors que 54% croient en Markus Söder, le chef de la CSU, l’allié bavarois. Et le ministre de la Santé, le populaire Jens Spahn, pourrait aussi lui barrer la route. Compliquée à la tête du parti, la succession d’Angela Merkel pourrait être tout aussi compliquée au sommet de l’Etat fédéral. La Süddeutsche Zeitung semble écrire avec raison que «derrière l’élection d’Armin Laschet se cachent plus de courage et de risque que beaucoup ne le pensent».

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