Un regard neuf

Décembre, époque des rétrospectives. Lancer un regard sur l’année écoulée et tenter d’en faire le bilan est une tradition à laquelle se prêtent la plupart des journaux et même votre hebdomadaire préféré, et qui m’a toujours interrogée.

N’est-il pas artificiel de considérer l’année comme une histoire en soi, avec un commencement et une fin, alors que le temps et les événements qui l’accompagnent continuent de s’écouler et de se répondre, ignorant nos catégories et délimitations humaines?

Pourtant, cette année 2020, rendue spéciale par le coronavirus, donne envie de s’y arrêter. Si nous sommes encore loin de connaître la fin de cette histoire, elle en marque en tout cas le début. Beaucoup, au commencement, ont espéré que cette pandémie nous forcerait à changer de façon de vivre ou de consommer. Les mois qui ont suivi ont malheureusement démontré que les vieilles habitudes reviennent vite. Cependant, si elle n’a rien changé en profondeur, cette situation inédite nous a permis de porter sur la vie un regard neuf.

Dans cette année morose, fatigante, stressante et angoissante, quelques éléments scintillent d’un éclat nouveau. Pour moi, un après-midi d’anniversaire au jardin en bonne compagnie après de longues semaines de confinement. Une pièce de théâtre – la seule vue en douze mois – que tout le monde se remémore avec bonheur. De ces longs mois de Covid-19, je sors moins blasée par le quotidien.Appréciée parce qu’exceptionnelle, hors de la réalité quotidienne. Le plaisir d’une visite à la bibliothèque restée ouverte alors que tous les autres lieux de loisir avaient fermé leurs portes. L’émotion de rêver, devant un reportage de l’Echo Magazine, à un ailleurs lointain peuplé d’autres vies.

De ces longs mois de Covid-19, je sors moins blasée par le quotidien. Même si le monde n’a pas profité de l’occasion pour faire son autocritique – les guerres, la violence, l’injustice et la crise climatique semblent plus présentes que jamais –, peut-être que nous-mêmes, en tant que personnes, avons un peu changé. Ou du moins pressenti ce qui constitue les fondements du bien-être: pas tant les écrans et la consommation que la nature, la culture et, surtout, les relations humaines. Les rassemblements qualifiés de «sauvages» de jeunes désespérés de retrouver la compagnie de leurs semblables, de se voir, de se toucher, de se parler en chair et en os le montrent pleinement.

C’est ce qu’exprime François dans Un temps pour changer. Dans ce texte inspirant, le pape livre ses réflexions sur la Covid-19, ce «temps d’arrêt» qui invite à «faire mémoire avec gratitude de qui nous sommes». «Dans ces moments-là, nous avons besoin des autres pour marcher avec nous», écrit le pape. C’est ce rappel de l’importance des liens humains que je conserverai de cette année. Car ce sont eux qui, un jour, finiront par changer le monde.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



Articles en relation


La rentrée du virus

Les vacances ne sont pas terminées que, déjà, des Etats prennent de nouvelles mesures face à une recrudescence des cas de Covid-19. L’inquiétude grandit à l’approche de l’automne.


Été 2021: vacances au pays!

Olga, Luca et Pamela désirent revoir leurs parents après des mois de relation à distance due à la pandémie: ces trois trentenaires exilés racontent leur grande soif de retrouvailles.


Sénégal: Peur du vaccin

Au Sénégal, la population ne se bouscule pas pour se faire vacciner contre la Covid-19, car elle n’y croit pas vraiment. En cause? Une communication ratée.

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!