Les scouts et un général Spécial

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  • C’est presque un monde à part, une zone préservée des absurdités du monde et du temps. Rien ne semble plus simple et plus agréable que la vie à l’intérieur d’un camp scout, même lorsqu’il est plus grand que la plupart des villes du canton qui l’accueille. Bien sûr, le camp fédéral connaît les écueils d’un rassemblement de 30’000 personnes, mais il y flotte une atmosphère de bienveillance – d’amour, selon une participante – qui manque beaucoup aujourd’hui.

    Plus que dans l’innocence qu’on pourra vouloir leur attribuer, louveteaux et éclaireurs se situant entre l’enfance et l’adolescence, l’origine de cette ambiance apaisée, de cette sérénité scoute est à chercher dans leur philosophie de vie et dans leur art du vivre-ensemble. Etre vrai, se réjouir de ce qui est beau, aider autour de soi, écouter et respecter les autres sont quelques-unes des lois qu’ils respectent ou, plus exactement, qui les guident dans leur vie de scout et de tous les jours. Cela n’a rien que d’évident pour tout un chacun. Rappeler ces principes universels n’est pourtant pas inutile à l’heure où, pour certains, l’inclusion consiste d’abord à chercher le plus petit diviseur commun et où, pour d’autres et parfois les mêmes, les expressions culturelles devraient être réservées au seul groupe ethnique dont elles émanent (lire en page 8).

    Les Confédérés ont préféré chercher ce qui les rassemblait.

    Les cantons suisses du 19e siècle auraient pu insister avant tout sur leurs différences culturelles, politiques et confessionnelles. Nul ne s’en serait offusqué à une époque où les peuples d’Europe s’appuyaient sur leur langue pour clamer leur particularité en attendant le droit à disposer d’eux-mêmes. Mais les Confédérés ont préféré chercher ce qui les rassemblait, un dénominateur commun, quitte à prendre des libertés avec l’histoire: des valeurs. Ce sont elles qui les ont unis. Comme les scouts.

    Saint-Exupéry, dans une lettre à un général qu’on ne lira jamais assez, écrivait que la civilisation «porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l’une à l’autre». Ainsi en va-t-il des hommes. Resserrer les liens plutôt que s’évertuer à les rompre est un vœu d’une banalité digne d’un discours de 1er août. Il serait bon qu’il soit tout aussi banal de le réaliser.

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