Des prix sous le sapin

En termes de ventes, le prix Goncourt est numéro 1. Il garantit une moyenne de 350’000 exemplaires vendus. Il est suivi du Goncourt des lycéens (315’000) et du Renaudot (220’000). En termes de ventes, le prix Goncourt est numéro 1. Il garantit une moyenne de 350’000 exemplaires vendus. Il est suivi du Goncourt des lycéens (315’000) et du Renaudot (220’000).

La salve des prix littéraires automnaux décernés en France se matérialise en bonne partie par des cadeaux déposés sous le sapin de Noël. Faisons donc un peu le tri dans cette masse de romans à offrir à ses proches.

Le prix Goncourt est la plus convoitée des récompenses littéraires françaises. Cette année, il a été décerné au Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr pour La plus secrète mémoire des hommes. C’est la première fois que le Goncourt couronne un écrivain subsaharien. C’est aussi la première fois que l’éditeur Philippe Rey, qui publie des écrits relativement exigeants, décroche ce prix prestigieux.

Selon la critique, c’est aussi un bon Goncourt en raison de son thème et de sa langue: sur les traces d’un «Rimbaud nègre» mystérieusement disparu, signataire d’un livre mythique des années 1930, un jeune romancier africain questionne, à la manière labyrinthique de Roberto Bolaño, les affres du 20e siècle et de la création littéraire. Puisque l’Afrique est ainsi honorée, conseillons également Batouala, de l’écrivain et administrateur colonial guyanais René Maran, premier auteur de couleur récompensé par le Goncourt en... 1921, il y a un siècle.

Albin Michel vient de rééditer cette peinture complexe du colonialisme français en Oubangui-Chari (République centrafricaine). Un excellent roman qui, sans remettre en cause «la mission civilisatrice» tricolore, en critique les dérives tel un jalon du mouvement de la négritude. Mohamed Mbougar Sarr a d’ailleurs préfacé une autre réédition de René Maran, Un homme pareil aux autres (Editions du Typhon).

CHOIX ABONDANT

Le Goncourt du premier roman, souvent très intéressant, est allé à Que sur toi se lamente leTigre d’Emilienne Malfatto (Elyzad/Clairefontaine). Rappelons que le Goncourt de la nouvelle, divulgué bien plus tôt (en mai), a distingué la maison d’édition genevoise Metropolis avec Et la guerre est finie... du Franco-Israélien Shmuel T. Meyer qui se dit «Suisse de coeur». C’est une première pour un éditeur helvétique que d’obtenir le Goncourt de la nouvelle, déjà remporté par deux écrivains romands, Corinna Bille (La demoiselle sauvage, Gallimard, 1975) et Bernard Comment (Tout passe, Christian Bourgois, 2011).

Qu’y a-t-il d’autre pour les fêtes? Le Renaudot avec Premier sang qui, même pour ses aficionados, ne serait pas le meilleur Amélie Nothomb (Albin Michel). Le Médicis et Le Voyage dans l’Est de Christine Angot (Flammarion). Clara Dupont-Monod (S’adapter, Stock) fait un doublé avec le Femina et le Goncourt des lycéens. L’Académie française attribue son Grand Prix du roman à François-Henri Désérable (Mon maître et mon vainqueur, Gallimard) et le Grand Prix de la francophonie n’oublie pas l’oeuvre foisonnante du Haïtien Frankétienne.

Si on goûte le réalisme social, plongeons dans l’Interallié de Mathieu Palain (Ne t’arrête pas de courir, L’Iconoclaste). Pour la rigolade originale, suivons Les tribulations d’un Français en France de Philibert Humm (Editions du Rocher) que le prix Alexandre Vialatte a aimé. Enfin, le roman le plus spirituel est allé à Ce monde est tellement beau du bernanosien Sébastien Lapaque (Actes Sud, prix Jean Freustié). Qui a dit que l’hiver était la saison de la lecture?

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