Une question à la foi: Faut-il se taire ?

La France a été ébranlée par la publication du rapport Sauvé concernant les crimes pédophiles commis dans l’Eglise. A cette occasion, les uns et les autres se sont exprimés, qui demandant pardon, qui tentant maladroitement de justifier tel ou tel aspect sacramentel, qui donnant son avis parfois sous forme d’un «je l’avais bien dit» tout aussi insupportable.

Dans ces affaires, il existe deux silences. Le premier, abominable, criminel, gravement contraire à l’Evangile, est celui consistant à taire les crimes. Ce fut l’attitude institutionnelle pendant de trop nombreuses décennies. Il ne fallait pas se taire et on l’a pourtant fait. Le second silence, pudique, humble, nécessaire, est celui qui doit maintenant s’imposer. S’abstenir de commenter, de se justifier par une parole qui va forcément sonner faux, même une parole de pardon, venant de ceux-là mêmes qui représentent les coupables dans l’esprit des victimes. Ici il faut se taire…et on ne le fait pas. Fallait-il se taire hier? Non. Faut-il se taire aujourd’hui? Oui. Face à l’horreur, toute parole semble vaine et superflue. Ce qui importe maintenant, c’est d’agir. Le rapport Sauvé contient 45 propositions concrètes. Donnons rendez-vous à notre institution ecclésiale, y compris en Suisse, dans un an. Et regardons combien de ces propositions seront effectivement mises en oeoeuvre ou en passe de l’être. Mais d’ici là, respectons le silence.  Vincent Lafargue

Téléchargez gratuitement
l'Echo de cette semaine!

Cette semaine, l'Echo Magazine vous
est offert au format PDF en inscrivant
votre adresse email ci-dessous.


NEWSLETTER

Inscrivez-vous à la newsletter de l'Echo et recevez
nos contenus et promotions en exclusivité!



concours echo