RTS: et le public?

Et les emplois? Entre 50 et 65 postes devraient être supprimés d’ici 2024. Et les emplois? Entre 50 et 65 postes devraient être supprimés d’ici 2024.

TTC, c’est fini! ABE et Passe-moi les jumelles? Rabotées! Forcés d’économiser, les responsables de la RTS doivent-ils pour autant s’en prendre aux émissions populaires, de haute qualité, du service public?

JUMELLES À LA POUBELLE?

Comme tous les magazines diffusés après 20h, Passe-moi les jumelles devra bientôt être raccourci. L’émission qui depuis bientôt trente ans séduit en prenant son temps pour raconter une histoire autour d’un personnage et de paysages attachants devra abréger son propos. Idem pour ABE, émission d’investigation sur la consommation réputée pour son indépendance et ses tests en laboratoire – l’une des plus regardées de la chaîne – ou 36,9°, connue pour ses enquêtes fouillées dans le domaine de la santé. Quant au rendez-vous économique TTC, prisé des Romands, il sera supprimé en juin 2022 (voir notre interview du présentateur Patrick Fischer en p. 44-45)!

POURQUOI?

Parce qu’il faut économiser 15 millions de francs d’ici 2024, a répondu la RTS lors de son annonce choc du 7 juin. La baisse de la publicité ne peut pas être compensée par la redevance TV, plafonnée. Et tant pis si une bonne partie des 71,6% de Suisses ayant rejeté l’initiative «No Billag», qui proposait en 2018 d’abolir la redevance, l’ont fait pour conserver des émissions de service public telles que TTC. La SSR a visiblement fait preuve de plus de prudence outre-Rhin au moment des coupes: si Infrarouge ne sera visible qu’un mercredi sur deux dès 2023, sa cousine alémanique Arena, star du débat politique, est épargnée.

ET LE DIGITAL?

C’est le paradoxe de notre époque. Alors que, malgré de bonnes audiences, la base du métier, l’essence du journalisme de service public et donc de la RTS elle-même est remise en question, des millions de francs sont débloqués pour développer «l’offre TV et digitale»... dans le but de «toucher un public plus diversifié»! Les producteurs, dont les équipes sont réduites ou «externalisées» tandis que des postes sont créés pour faire de la veille sur les réseaux sociaux, cherchent l’erreur. Le public, qui voit ses émissions préférées disparaître, aussi.

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BIEN FAIT POUR ELLE?

Soumise à des objectifs d’économie difficiles, voire impossibles à réaliser, la RTS a dû affronter la crise du coronavirus et les révélations du Temps d’octobre 2020 sur des cas de harcèlement. Et l’UDC songe à lancer deux initiatives, l’une pour faire baisser la redevance de 335 à 200 francs, l’autre pour réorienter une RTS jugée «de gauche». A voir les attaques fuser et l’opportunisme de plusieurs politiciens n’hésitant pas à enfoncer une chaîne fragilisée, certains se demandent si la direction n’aurait pas dû concentrer ses forces sur sa défense plutôt que sur la promotion du langage épicène. Loin d’être en tête de liste des préoccupations de la population, le langage inclusif a pourtant été imposé à la RTS, qui a ainsi tendu une perche de plus à ses détracteurs.

ET LES CADRES?

Les mesures d’économie passeraient-elles mieux auprès du public si les cadres se montraient solidaires des coupes budgétaires? Par exemple en refusant de s’octroyer des bonus en pleine crise (l’an dernier, le directeur de la SSR a gagné plus qu’un conseiller fédéral). Patrick Fischer finirait en beauté sa carrière à TTC en nous éclairant sur ce point.

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