Réfugiés utilisés

Le Maroc reproche à l’Espagne d’avoir accueilli le chef du Front Polisario, qui lutte pour l’indépendance du Sahara occidental. Il a donc ouvert ses frontières pour mettre Madrid sous pression. Le Maroc reproche à l’Espagne d’avoir accueilli le chef du Front Polisario, qui lutte pour l’indépendance du Sahara occidental. Il a donc ouvert ses frontières pour mettre Madrid sous pression.

La pandémie a beau accaparer toute l’attention politico-médiatique, la question des réfugiés ne s’est pas évanouie. Au contraire, le coronavirus a aggravé la situation.

Depuis quelques semaines, et alors que les esprits s’échauffent en Europe autour d’un passeport Covid censé permettre à chacun de profiter de ses vacances d’été, le calvaire de dizaines de milliers de personnes qui tentent de gagner le Vieux Continent se rappelle à eux.

Après un énième naufrage en Méditerranée, l’hebdomadaire chrétien français La Vie demande «Sommes-nous devenus sourds?» en songeant aux 130 femmes et hommes qui ont appelé au secours un jour et deux nuits avant de mourir noyés le 22 avril. Le 18 mai, alors que le Maroc met l’Espagne sous pression en laissant passer illégalement sa frontière à 8000 personnes – essentiellement des jeunes Marocains –, La Croix consacre sa une à l’Afrique, condamnée à éviter «un grand bond en arrière». Le coronavirus forcera-t-il l’Afrique à faire un grand bond en arrière?Si la pandémie semble l’avoir relativement épargné, le continent subit déjà les conséquences économiques du virus. «La crise sanitaire risque de faire retomber près de 30 millions d’Africains sous le seuil d’extrême pauvreté, écrit le quotidien catholique français, et d’effacer vingt ans de développement. » Au Keyna, pourtant en plein décollage, le taux de chômage est passé en un an de 4% à 10%.

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Les perspectives ne sont pas bonnes. Et davantage d’Africains pourraient être poussés à l’exil. On est encore loin de la crise migratoire de 2015 durant laquelle plus d’un million de réfugiés étaient arrivés en Europe (un grand nombre fuyant la guerre en Syrie avaient échoué en Grèce). Cela avait poussé l’Union européenne à confier à la Turquie l’accueil des migrants en échange de 6,57 milliards de francs.

N’empêche, estime dans Les Echos François Gemenne, professeur à Sciences Po Paris, «cette logique d’externalisation ne mène à rien, car on donne à ces Etats l’occasion d’utiliser les migrants comme une menace, comme l’a fait le gouvernement marocain». Selon ce politologue, les migrations ne cesseront jamais. «C’est un phénomène structurel. Inutile d’être pour ou contre, il faut l’organiser.» Encore faudrait-il que les Européens, qui peinent à s’entendre sur des sujets moins épineux, puissent se mettre d’accord.

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