L’esprit de la paix

«La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens.» A l’aune du conflit israélo-palestinien, cette maxime du stratège prussien Carl von Clausewitz a le don de plonger dans un abîme de perplexité.

Quels sont, en effet, les buts cachés derrière les roquettes envoyées par le Hamas depuis la bande de Gaza surpeuplée? Quelle est la stratégie de l’Etat hébreu, à l’abri de son bouclier antimissile «Dôme de fer», dopé par l’intelligence artificielle?

En intervenant après les heurts sur l’esplanade des Mosquées, le Hamas a fait d’al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, l’étendard de la résistance palestinienne nationale-islamiste. C’est une victoire symbolique, et les symboles pèsent lourd dans un Proche-Orient où les signes du Très-Haut peuvent suinter le sang. Comme chacun sait cependant, l’association du sacré et de la pierre coûte très cher aux civils de cette région du monde. L’architecture et la paix n’y font pas bon ménage.

De son côté, l’Etat hébreu répète jusqu’à satiété que sa défense est une question de vie ou de mort. Une cause inconditionnelle. Cela se comprend quand on lit les harangues de ses nombreux ennemis. Mais à quoi bon détruire les réseaux de tunnels du Hamas si c’est pour camper sur une position en rien constructive? De toute évidence, le souvenir d’Yitzhak Rabin ne perturbe pas le sommeil de Monsieur Netanyahou et de ses pairs. Champion de l’obstruction, Israël préfère rêver à un futur proche où Tel-Aviv serait une Silicon Valley hédoniste et Jérusalem un haut lieu du fondamentalisme juif, sans Arabes et ouverte aux touristes, de prédilection évangéliques et américains.

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Là est le noeud du problème: pour faire la paix, il faut l’avoir à l’esprit. Certes, personne n’aime les nids de vipères.On n’en trouve hélas pas une once chez les belligérants. Pire encore: la recherche de «la solution à deux Etats» a déserté les préoccupations de la communauté internationale. Comme celle-ci est une fiction, la triste coalition de l’exaspération, de la lassitude et du réalisme nous enjoint de tourner notre regard vers Washington. Pour voir quoi?

Un parrain lointain qui n’assume pas son rang de numéro un. Joe Biden rechigne. Pour faire la paix, il faut un tiers stabilisateur: un rôle épuisant, indispensable, une partition risquée, ingrate. Certes, personne n’aime les nids de vipères. Mais, politiquement, cette réticence est inexcusable. Si elle perdurait, elle confirmerait que «la stratégie du chaos» des néoconservateurs américains a définitivement contaminé le camp démocrate. Que le Proche-Orient soit un champ de ruines aux prérequis irakien et syrien, et l’Oncle Sam et la Terre promise jubileront de malice. Au nom de l’Esprit de paix, on n’ose le croire.

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