La Suisse des rois et des reines

La mort de la reine Astrid et l’assassinat de l’impératrice Elisabeth d’Autriche ont marqué les esprits. La mort de la reine Astrid et l’assassinat de l’impératrice Elisabeth d’Autriche ont marqué les esprits.

Lieu de vacances, de fuite ou d’exil, la Suisse a toujours aimé les têtes couronnées, qui le lui rendent bien. Ainsi que le rappelle la très belle exposition Les Royals arrivent au Forum de l’histoire suisse à Schwytz.

La Suisse n’a d’autre roi que Christian Stucki, couronné à Zoug en 2019 au terme de la Fête fédérale de lutte suisse. Mais les très démocrates Helvètes n’ont pas pour autant – hormis un ressentiment traditionnel à l’égard des empereurs du Saint-Empire romain germanique et de leurs baillis – de préventions particulières contre les souverains étrangers. Au contraire, la venue de monarques a toujours suscité de leur part curiosité, intérêt et enthousiasme. Que l’on songe à la visite d’Elisabeth II en 1980 ou, en 1954, de Haïlé Sélassié, empereur éthiopien qui laissa derrière lui un poil de lion prélevé de son couvre-chef par un garde du corps – poil que l’on peut admirer au Forum de l’histoire suisse.

CASQUE À POINTE...

Agréablement mise en scène à Schwytz, la Suisse des rois est un lieu de visite officielle, de vacances et de fuite pour souverains reçus avec les honneurs ou voyageant sous des noms d’emprunt. Venu en 1912 assister à des manoeuvres militaires et s’assurer de la neutralité de la Suisse en cas de conflit avec la France, l’empereur d’Allemagne Guillaume II, avec son casque et ses moustaches à pointes, est acclamé par des centaines de milliers de personnes à Zurich, à Berne et en Suisse orientale, moins critiques que les peu prussophiles presses ouvrière et romande.

...ET DESTINS TRAGIQUES

Destination prisée dès le début du 19e siècle de Britanniques «friands de défis sportifs», la Suisse se devait d’accueillir leur souveraine Victoria. Sous le nom de «comtesse de Kent» – personne n’est dupe toutefois –, elle y passe quatre semaines durant l’été 1868. Elle visite l’Oberland bernois, majestueux paysages pour Sa Gracieuse Majesté, et peint des aquarelles – le Forum de l’histoire suisse présente quelques reproductions qui ne manquent pas de charme suranné. Un large volet de l’exposition est consacré à l’accident de la reine Astrid de Belgique, témoignant de la vive émotion causée par son décès, en 1935, sur une route longeant le lac des Quatre- Cantons – un fragment du parebrise de la voiture royale témoigne de la violence du choc.

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Titres de journaux et photos racontent aussi une certaine évolution de la presse – c’est pour acheminer en Angleterre des clichés pris sur les lieux du drame et achetés par un média britannique que Swissair affrète son premier vol de nuit. Ce royal et tragique décès en Suisse n’est pas le premier. Une robe de cérémonie, un carnet de poèmes et des copies de télégrammes embarrassés rappellent l’assassinat, en 1898 à Genève, de l’impératrice d’Autriche. Sissi fuyait Vienne comme son cousin Louis II de Bavière fuyait la réalité – et se passionnait pour la Suisse de Guillaume Tell que lui avait révélée la pièce éponyme de Friedrich Schiller. Il aurait aimé, nous dit un article sur le site du musée, bâtir un château sur le Grütli. Qui, à quelques kilomètres de l’exposition, a néanmoins échappé à toute ambition royale pour demeurer jusqu’à nos jours une humble prairie.

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