La danse des canards

Heiko Maas, le ministre allemand des Affaires étrangères porte le fameux masque à bec de canard FFP2 le 20 janvier à Berlin. Heiko Maas, le ministre allemand des Affaires étrangères porte le fameux masque à bec de canard FFP2 le 20 janvier à Berlin.

La Bavière et l’Autriche ont rendu le masque sanitaire FFP2 obligatoire. Est-il vraiment plus efficace que le modèle standard (chirurgical, bleu)?

FFP2?

Fin du suspense pour ceux qui se demandaient encore d’où vient cet étrange acronyme. Le Filtering facepiece particles ou «masque facial filtrant les particules» est le plus filtrant des masques sanitaires. Il en existe trois sortes: le FFP1 bloque 80% des particules les plus fines – les fameux aérosol –, le FFP2 94%et le FFP3 99%. L’appellation FFP2 est européenne. N95 est son équivalent américain et KN95 son pendant chinois.

PLUS PERFORMANT?

Oui à en croire la Bavière et l’Autriche. Craignant la propagation de variants plus contagieux du coronavirus, elles ont rendu le port du masque de ce modèle obligatoire dans les transports publics et les commerces. Alors que la Chine et le Brésil annonce des reconfinements et que l’Europe se claquemure à nouveau, d’autres pays pourraient suivre. En Suisse, les syndicats des enseignants (les professeurs sont en contact avec leurs élèves) réclament ce masque qu’ils jugent plus performant.

QUELLES QUALITÉS?

Contrairement au masque standard (chirurgical, généralement bleu), le FFP2 épouse la forme du visage et ne bâille pas lorsque son porteur parle. Il bloque non seulement les gouttelettes, mais stoppe aussi les aérosols expulsés par la bouche et le nez qui restent des heures en suspension dans l’air. Cela explique pourquoi le FFP2 est réservé en principe aux soignants. Le port d’un masque uniforme faciliterait aussi le contrôle: on peut voir tout de suite s’il s’agit du bon ou non. 

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QUELLES FAIBLESSES?

La Confédération n’aime pas le FFP2. Plus hermétique, le masque demande davantage d’efforts pour respirer et pourrait pousser son utilisateur à le toucher plus souvent. Sa supériorité sur le masque chirurgical et celui en tissu, prouvée en laboratoire, ne l’est pas dans la vie réelle, estime Jean-Romain Delaloye, médecin membre de la task force fédérale. Dix fois plus cher, il pousserait son porteur à le changer moins souvent, augmentant ainsi le risque de contamination. «Le FFP2 ne sont pas moins bons, mais pas non plus meilleurs», commente l’épidémiologiste Antoine Flahaut. Avant de préciser: «Si je travaillais aux soins intensifs, je le porterais aussi».

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QUI CROIRE?

L’argument du coût interroge. Face aux milliards de francs perdus suite à la fermeture des commerces et des restaurants, on peut se demander s’il ne vaudrait pas mieux subventionner ces masques s’ils s’avéraient plus efficaces contre la pandémie. Difficile aussi d’oublier que la Confédération a répété que le port du masque était inutile avant de se raviser. Cette fois, le choix des autorités ne semble néanmoins pas dépendre du nombre de masques disponibles: la pharmacie de l’armée chargée d’approvisionner le pays en matériel de protection contre la pandémie dispose de 4 millions de masques FFP2 (dont une partie serait bonne à jeter). Au-delà du choix du masque, la règle d’or reste la désinfection des mains et le respect de la distance entre les personnes.

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