L’art de bâtir

L’architecture est l’art, la science et la technique de construction des édifices. Les dictionnaires s’accordent sur cette définition. Les spécialistes aussi.

Tout se gâte lorsqu’il s’agit d’évaluer un bâtiment sorti de terre. Les goûts et les couleurs interviennent alors. Certains mettent en avant la fonctionnalité d’un ouvrage. D’autres jaugent son aspect. D’aucuns se demandent si un corps de logis s’insère dans un tissu urbain.

Cela fait beaucoup de perspectives dans un domaine qui n’en manque pas depuis que Vitruve écrivit le premier traité d’architecture il y a 2000 ans. Cet architecte romain y faisait l’éloge des qualités indispensables du bâti: la trinité firmitas, utilitas et venustas, soit le caractère pérenne, l’utilité et la beauté d’une construction.

La durabilité, l’utilité et la beauté d’une construction.Que Vitruve ait dédié De architectura à l’empereur Auguste n’est également pas anodin. La relation entre la pierre et le pouvoir est une constante. Qu’il s’agisse du pouvoir de la spéculation comme en Valais (lire notre article). De la faculté à modifier le visage d’un quartier, c’est le cas de Sécheron qui jouxte à la fois la gare Cornavin et la Genève internationale. Ou de la puissance de l’imagination, en créant sur les cendres d’un incendie un projet nouveau où la rencontre se marie avec la spiritualité dans l’église du Sacré-Coeur. En matière d’urbanisme et d’habitat, les dilemmes se posent invariablement. Conserver ou raser? Dupliquer ou oser? Préserver le patrimoine ou se projeter dans l’avenir? Ces questions concernent la vie de la cité bien plus qu’une élection de députés dont on aura oublié les noms dans une génération. Car on ne peut faire l’impasse sur l’empreinte d’une structure dans notre quotidien. La laideur d’une cage à lapin où des familles s’entassent a hélas déjà étouffé bien des espérances. 

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Cependant, rien n’est jamais totalement perdu. Avec la préoccupation environnementale, on réalise que s’oxygéner en ville n’est pas un luxe, mais une nécessité. Des associations patrimoniales s’inquiètent à la vue de grues. A l’heure du développement durable, des assemblées de citoyens consultés expriment le désir de quartiers agréables à vivre. Des experts plaident aussi pour des smart cities saturées d’«intelligence artificielle» soi-disant à notre service.

Entre des cités high tech et des agglomérations à dimension humaine, il y a autant d’écart qu’entre un univers dématérialisé et des personnes incarnées. Certes, le besoin de solidité et d’utilité pèsent dans cette balance. Mais plus encore la troisième qualité vitruvienne d’un bâtiment: sa beauté. Elle couronne un édifice de son esthétique. Et garantit le caractère attractif d’un horizon urbain. Le regard compte beaucoup en architecture. L’oublier reviendrait à s’aveugler face à trop de murs borgnes. 

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