Un jésuite à Lesbos

Les réfugiés de la Moria, sur l’île grecque de Lesbos, ont dû quitter leur camp qui a brûlé. Les réfugiés de la Moria, sur l’île grecque de Lesbos, ont dû quitter leur camp qui a brûlé.

Le Père Maurice Joyeux était sur place depuis 2015. Il avait participé à la création de deux écoles pour les enfants de réfugiés – aujourd’hui réduites en cendres – de l’île de Lesbos. Et comme d’autres, il avait à maintes reprises attiré l’attention sur les conditions de vie indignes dans ces camps.

Des «hotspots» européens où hommes, femmes et enfants attendent depuis des mois, des années parfois, de savoir s’ils auront droit à l’asile un jour.

«Il fallait s’attendre à ce que le camp de Lesbos termine en flammes», a dit le père Maurice Joyeux dans La Croix après les incendies qui, les 9 et 10 septembre, ont détruit le site insalubre et surpeuplé de 12’500 demandeurs d’asile. Les flammes n’ont pas atteint les deux écoles dont une, fondée par des migrants afghans, comptait 2600 élèves. Pourtant, précise l’ancien directeur du Service jésuite des réfugiés à Athènes, elles ont bien été brûlées dans les jours qui ont suivi: «Il s’agit d’un incendie volontaire, mais il n’a pas été provoqué par des migrants, contrairement à ce qu’on laisse entendre. Depuis le début de ma mission sur l’île de Lesbos, j’ai vu les ONG et les réfugiés subir des réactions hostiles et des attaques de plus en plus fréquentes».

«L’Eglise orthodoxe se montre très réticente à accueillir les réfugiés.»Selon le jésuite français, les incendiaires sont des militants d’extrême droite venus d’un peu partout en Europe pour attiser le nationalisme des habitants de l’île. «Ces derniers sont excédés de cette cohabitation forcée et certains déclenchent eux-mêmes des feux pour faire évacuer les migrants. Cela fait des années que les migrants vivent dans des conditions d’insalubrité extrême, et la propagation du coronavirus a fini de mettre le feu aux poudres.» En Grèce, explique le Père Joyeux qui appelle l’Union européenne à ouvrir ses centres d’accueil sur le continent, «l’Eglise orthodoxe se montre très réticente à accueillir les réfugiés parce qu’elle entretient des liens inavoués avec le nationalisme grec». Comme d’autres membres de la communauté chrétienne européenne: «Un évêque polonais m’a confié que la majorité de son épiscopat accueillait avec froideur la demande du Vatican de créer un couloir humanitaire en Pologne pour les réfugiés de Lesbos». Les sans-toits de l’île grecque comptent au moins sur l’aide du pape François et sur celle du Père Maurice Joyeux.

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