Un été suisse

Le lac des Quatre-Cantons? «Magnifique, super vacances!» Loèche-les-Bains? «Très agréable, et il faisait bien plus frais qu’en plaine.» Le Jura? «Dépaysant parce que différent des Alpes.» Les montagnes, le Tessin, voire le sud de la France pour certains… «Cette année, on est partis en vacances comme on le faisait il y a vingt ou trente ans, avant l’arrivée des compagnies low cost», commentait dernièrement une connaissance père de deux jeunes enfants.

Constat général: c’était tout aussi bien, pas vraiment plus cher et souvent plus reposant. En partant moins loin, on s’épargne l’attente à l’aéroport, le trajet en avion, souvent peu confortable, les refroidissements dus à l’air conditionné de la cabine, le décalage horaire,…

Que ce soit pour soutenir l’économie locale ou par crainte de la situation sanitaire dans les autres pays – et des restrictions y relatives, l’idée de porter un masque par 35° C à l’ombre n’étant pas des plus séduisantes –, beaucoup de Suisses ont joué le jeu des vacances indigènes cet été. Suisse Tourisme relevait la semaine dernière que, dans les Alpes, la clientèle suisse avait augmenté de 37%, compensant presque la chute de fréquentation des touristes étrangers (- 44%). Notre reporter, qui s’est promené au mois de juillet sur les sentiers de la Via Alpina entre Grindelwald et Kandersteg, a fait le même constat: chemins de randonnée, cabanes et restaurants d’alpage étaient fréquentés principalement par des Suisses ravis de découvrir les paysages de carte postale qui font la renommée de notre pays. Les Romands en ont profité pour aller respirer l’air alémanique et les Suisses allemands l’air latin – il n’y avait qu’à se promener au bord du Léman pour s’en convaincre.

Finalement, ce sont les villes qui font la grimace: Suisse Tourisme évoque ici une situation critique faute de tourisme d’affaires et de congrès et de nuitées d’Asiatiques et de visiteurs venus de pays lointains. Voilà confirmé l’appétit des Suisses pour le plein air, du moins en été.

On s’est beaucoup demandé ce que la pandémie allait changer dans nos vies – certains ont volontiers imaginé l’avènement d’un monde plus vert, plus local, plus humain. Les premiers mois post-confinement ont cependant montré que la vie continue comme avant ou presque. Mais les vacances d’été, pour beaucoup, ont été différentes. Elles ont prouvé qu’il n’est nul besoin de partir à l’autre bout du monde pour être heureux. Et cela, c’est peut-être un premier pas vers une nouvelle attitude et d’autres manières de faire. Car le changement, on a tendance à l’oublier dans notre hâte, arrive plus souvent par petites touches que par de grandes révolutions.

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