Liban: Au fond du gouffre

Le port de Beyrouth en ruine. Le Liban est dans une situation cataclysmique. Le port de Beyrouth en ruine. Le Liban est dans une situation cataclysmique.

Le 30 juillet, le Courrier international se penchait au chevet du Liban, déplorant qu’il soit «plongé dans la noirceur»: «Effondrement économique, crise sanitaire, coupures d’électricité et tensions à la frontière sud avec Israël. Le pays des cèdres est plus que jamais à la merci de l’incurie d’un pouvoir politique miné par la corruption». Suite à deux gigantesques explosions le 4 août «d’un stock de 2’750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposées dans un hangar du port», informe La Liberté, Beyrouth est «en enfer».

Pour l’heure, le bilan humain s’élève à 158 morts, des dizaines de disparus, 6’000 blessés et 300’000 Beyrouthins sans-abri. Les dégâts matériels seraient de 3 à 5 milliards de dollars. La catastrophe a creusé un cratère de 43 mètres de profondeur, indique Le Temps, le choc étant comparable «à un séisme de 3,3 sur l’échelle de Richter».

L’onde de choc a été entendue jusqu’à la ville de Larnaca, à Chypre, à 200 kilomètres de là. Plus d’un habitant de la capitale libanaise ayant vécu la guerre civile (1975-1990) a témoigné du caractère inouï de la déflagration: du jamais-vu, du jamais entendu, un sentiment d’apocalypse!

La reconstruction exigera des réformes drastiques – sans précédent.«Comment aider le Liban?», s’interroge La Croix alors que de nombreux pays ont dépêché une aide d’urgence. Le week-end, la conférence des donateurs s’est engagée pour une aide de 250 millions d’euros, rapporte L’Express. Une certitude: la reconstruction exigera des réformes drastiques – sans précédent. «Le système politique fondé sur l’appartenance communautaire qui avait survécu à tant de crises et tant de guerres s’écroulait déjà avant l’épouvantable explosion», analyse Libération. Maintenant, on est au stade d’une remise en cause totale.

L’ancienne «Suisse du Moyen-Orient» n’est plus au bord du gouffre: elle est au fond du trou. Les Libanais sont très remontés contre leur classe politique et les responsables ayant laissé dormir ce nitrate d’ammonium sans sécurité dans un entrepôt portuaire durant six ans. «Nettoyer enfin les écuries d’Augias», clame l’éditorial du 10 août de L’Orient-Le Jour, le grand quotidien francophone du Liban. C’est une question de survie pour un peuple de 5,5 millions d’habitants tandis que sa nombreuse diaspora pleure une fois de trop son pays meurtri. 

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