La Terre dans 80 ans

On nous annonce depuis des années une planète à 10,8 milliards d’habitants en 2100. Ces prévisions alimentent tout un discours sur la nécessité de développer ou d’améliorer les rendements de l’agriculture, de l’aquaculture et d’autres pans de l’économie.

Mais la semaine dernière, surprise: une étude américaine publiée dans la revue britannique The Lancet estime qu’après un pic à 9,7milliards d’humains en 2064, la population terrestre déclinera pour atteindre 8,8 milliards en 2100. Cela en prenant en compte l’effet de l’éducation des filles, qui fera baisser le nombre de naissance par femme. Ainsi le Japon, la Chine et la Corée du Sud mais aussi l’Espagne, l’Italie ou le Portugal pourraient voir leur population diminuer de moitié. La population de l’Afrique subsaharienne, en revanche, triplerait pour atteindre 3 milliards d’individus.

Quand on imagine l’avenir, toutes les fantaisies sont permises.Ces projections ont ceci de fascinant qu’elles nous font imaginer un monde très différent du nôtre. Une carte où la Chine et les Etats-Unis pourraient perdre, faute de main-d’oeuvre, leur place de locomotives économiques mondiales, où nombre de nouveaux immeubles construits à la va-vite ces dernières années pour loger une population toujours croissante tomberaient en ruine, inutilisés. Où l’autoroute Genève- Lausanne retrouverait son calme. Quand on imagine l’avenir, toutes les fantaisies sont permises. C’est peut-être ce qui rend cette science – sans remettre en question le sérieux des études précitées – si attirante.

Parallèlement, le nouveau coronavirus a rendu le monde bien incertain. Masque ou pas masque? Espagne ou pas Espagne? Nous sommes aujourd’hui nombreux à nous demander où partir en vacances et ce qui risque de nous tomber sur la tête pendant que nous y serons. Même préoccupations du côté des économistes. Difficile d’établir, alors que le Covid-19 intensifie sa présence aux quatre coins du monde, à quoi ressemblera l’économie cet automne. Taux de chômage, rendements de la Bourse, croissance ou décroissance... La tâche est bien plus ardue que lors de la crise économique de 2008. Actuellement, on n’y voit pas à deux mois.

C’est peut-être pour cette raison que cette nouvelle étude démographique a pris tant de place dans les médias la semaine dernière. On pourrait penser qu’il ne s’agit que d’un article de plus qui raconte le monde tel qu’on veut bien l’imaginer. Mais,même s’il dépeint un monde très différent, il décrit un monde qui existe encore et dans lequel l’économie continue son chemin, tout comme nos destinées humaines. Tant pis s’il se trompe. A l’heure actuelle, alors qu’on peine à imaginer ses vacances d’été, il est agréable d’imaginer que la Terre, dans 80 ans, continuera de tourner.

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