Des voyages enchantés

Cet été, on nous encourage à visiter la Suisse. A fouler ses pâturages, à se rafraîchir dans ses lacs, à escalader ses montagnes, à se délecter de ses musées et de ce qu’il reste – le coronavirus étant passé par là – de ses riches activités culturelles.

L’Echo Magazine se propose de vous accompagner. En se ménageant une petite place dans votre valise, bien entendu, mais aussi en apportant une dimension supplémentaire à vos découvertes: l’imaginaire.

Les plus beaux paysages et monuments acquièrent une saveur supplémentaire quand ils sont liés à une histoire. Que le récit soit fictif ou pas, l’esprit aime s’en imprégner, en jouer, vagabonder loin de l’image que lui présentent les yeux. Prenez une montagne, ajoutez-y un géant, des gnomes ou un dragon et votre perception change. En plus d’être belle, la montagne se fait mystérieuse, menaçante, enchantée.

Notre pays – est-ce dû à son relief accidenté? – est riche en légendes. Nous vous en conterons une infime part cet été, à savoir six d’entre elles. Les unes sont célèbres, certaines moins connues, d’autres restent à inventer. Toutes serviront de guide permettant de (re)découvrir de jolis coins de nos régions avec un regard neuf.

Mais, outre ce rôle de fils conducteurs que nous avons décidé de leur attribuer cet été, contes et légendes remplissent bien d’autres fonctions. C’est ce que révéleront, au fil de nos éditions, les reportages et les rencontres réalisés sur leurs lieux de naissance. Les contes n’ont en effet «ni un sens univoque ni un but précis. Plus qu’un vecteur de morale, ils sont une manière de restituer la complexité du monde», explique Federica Tamarozzi, spécialiste des contes et conservatrice au Musée d’ethnographie de Genève, interviewée dans ce numéro. Or, une autre étonnante particularité des contes et des légendes, c’est leur longévité. L’être humain transmet particulièrement bien l’information quand elle est rattachée à une histoire. Ainsi, certains récits qui se racontent ou se lisent aujourd’hui remontent à l’âge du Bronze!

Cela ouvre des perspectives. Dès septembre, la Suisse planchera, en compagnie de quatorze autres Etats, sur la meilleure manière d’informer les générations futures des dangers liés aux sites de stockage de déchets radioactifs. On débattra panneaux de signalisation, langues ou sigles à utiliser, cérémonies commémoratives... Et si on inventait une bonne légende avec un monstre radioactif repoussant? Pourrait-elle se transmettre à ceux qui nous succéderont dans plusieurs dizaines de milliers d’années? A méditer cet été en promenade lorsque votre chemin croisera celui d’une vouivre, d’une dame blanche ou d’une autre créature imaginaire.

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