Victoire turque en Libye

Des combattants loyalistes le 5 juin à Tarhouna, reprise au maréchal Haftar. Des combattants loyalistes le 5 juin à Tarhouna, reprise au maréchal Haftar. Keystone

Il y a un an, on parlait de la victoire prochaine de «l’homme fort» de la Libye, l’autoproclamé maréchal haftar. Ancien général de Khadafi de 76 ans, le militaire affichait depuis 2014 son intention de se rendre maître de la Libye, officiellement dirigée par le Gouvernement d’entente nationale (GNA), faible, mais reconnu par l’ONU.

Haftar, soutenu par l’Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie – et plus ou moins officiellement par la France, pas fâchée de voir un homme à poigne prendre les rênes d’un pays qu’elle a contribué à précipiter dans le chaos par l’intervention franco-britannique de 2011 –, lançait en avril 2019 une offensive «éclair» contre Tripoli. Un an plus tard, non seulement le maréchal n’a pas pris la capitale, mais il a perdu plusieurs villes en avril, une base aérienne au sud de Tripoli en mai et l’aéroport international le 3 juin. Et ce malgré le concours d’un bon millier de mercenaires russes de l’agence Wagner et de plusieurs milliers de mercenaires recrutés au Tchad et au Soudan.

c’est la Turquie qui a renversé le rapport de force. En janvier, Ankara votait l’envoi d’armement et de conseillers militaires en Libye. Plusieurs milliers de rebelles syriens pro-turcs et de milices turkmènes ont également rejoint les troupes loyalistes. La situation désespérée du GNA l’a poussé dans les bras de la Turquie, mais l’intervention d’Ankara n’est pas gratuite. Auparavant, les autorités de Tripoli avaient dû signer un accord reconnaissant à la Turquie le droit de forer dans certaines zones de la Méditerranée orientale où dormiraient de gigantesques réserves gazières que se disputent chypre, le Liban, Israël et l’Egypte.

Alors que l’ONU appelle à la reprise des pourparlers libyens, qui n’intéressent pour l’heure ni le GNA ni la Turquie, en position de force, Ankara a annoncé qu’elle commencerait à forer en juillet. La semaine dernière, l’Europe a appelé la Turquie à cesser ses activités dans les zones économiques exclusives et les eaux territoriales de chypre et de Grèce; mais, forte de ses succès, la Turquie ne semble pas près de renoncer à ses ambitions méditerranéennes.

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