Les «sans» majoritaires Spécial

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  • Pour la première fois dans l’histoire de la Suisse, les personnes sans appartenance religieuse (34%) représentent la population résidante la plus importante du pays. Devant les catholiques (32%) et les protestants (21%).

    Historique?

    Le terme n’est pas galvaudé. Selon le rapport Religions en 2022, publié le 26 janvier par l’Office fédéral de la statistique (OFS), le nombre de personnes sans appartenance religieuse – les «sans», selon la sociologie des religions (ce terme vient de l’anglo-américain «nones») – représente plus du tiers de la population en Suisse (34%). Pour la première fois, les «sans» dépassent les confessions chrétiennes historiques: les catholiques romains pèsent 32% de la population et les membres de l’Eglise nationale évangélique réformée 21%. Les autres communautés religieuses représentent 13%, soit d’autres communautés chrétiennes (6%), notamment évangéliques, et les communautés islamiques (6%).

    Progression des «sans»?

    Depuis un demi-siècle, le nombre des «sans» augmente sans discontinuer. En 1960, quand la classification apparaît, ils représentent 0,5% de la population. Dans un premier temps, leur progression est relativement lente: 1,2% en 1970, 3,9% en 1980, 7,5% en 1990. A partir de l’an 2000 (11,4%), cela s’accélère: 20,1% en 2010, 30,9% en 2020. En comparaison, les réformés s’effondrent: 48,8% en 1970, 33,9% en l’an 2000, 21% aujourd’hui. A contrario, les catholiques «résistent» mieux, leur «décrochage» religieux étant plus tardif: 46,7% en 1970, 42,3% au tournant du millénaire, 32% dorénavant.

    Quel profil?

    La proportion des «sans» est plus importante en zone urbaine (36%) qu’en région rurale (28%). A BâleVille et Neuchâtel (deux cantons protestants à l’origine), elle s’élève respectivement à 56% et 53% contre 19% à Uri et 15% en Appenzell-Rhodes Intérieures (historiquement catholiques). Cette population a un profil plus jeune – 42% des 25-34 ans contre 16% chez les plus de 75 ans – et est bien plus représentée dans les professions dites intellectuelles, d’encadrement et intermédiaires. Les hommes sont aussi plus nombreux (36%) que les femmes (31%).

    Les raisons?

    Elles sont multiples et complexes. Le mouvement de fond est celui de la sécularisation en profondeur de la Suisse, une sécularisation qui est désormais une déchristianisation. L’individualisation des comportements est favorisée par une société aux valeurs dominantes libérales-libertaires (rejet des structures traditionnelles). La question de la transmission joue un rôle. De même que les scandales entachant la réputation des Eglises. 50% des «sans» ont grandi dans le catholicisme, 40% dans le protestantisme; ils se sont détournés de leur religion parce qu’ils n’avaient pas la foi (15%), ne l’ont jamais eu (17%) ou sont en désaccord (30%) avec les options de leur communauté religieuse.

    La spiritualité?

    30% des «sans» estiment avoir une vie spirituelle. Le rejet ou la distanciation d’avec la religion ne va donc pas nécessairement de pair avec le rapport à la spiritualité. Environ un tiers des «sans» disent croire en une entité supérieure. Cela rejoint le constat global des pays européens et occidentaux: la religion y décline quand la spiritualité reste séduisante dans le cadre d’un «supermarché religieux» dominé par le développement personnel. 

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