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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
Articles 2012 - A la Une
Jeudi, 29 Novembre 2012 00:00

 

 

Jouets

Une caverne d'Ali Baba tout en bois

Noël arrive. Les cadeaux aussi. Mais comment conserver la magie des jouets face à la montagne d’objets en plastique qui inonde les rayons? En se tournant vers les petits artisans, le bois et les grandes marques d’antan.

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Des jouets partout. Par milliers. Depuis le début du mois de novembre, les grandes surfaces mettent le paquet (de Noël) pour attirer les clients. A l’approche des fêtes de fin d’année, un véritable raz-de-marée d’objets en plastique submerge les supermarchés. Parcourant les allées interminables des grands magasins, on se demande parfois si le jouet que l’on s’apprête à acquérir n’a pas été confectionné dans une usine sordide quelque part en Asie par... un autre enfant. Et quid, quatre mois après son achat, de la figurine illustrant le dernier dessin animé à la mode offerte à son filleul? Peu résistante ou simplement démodée, il y a de fortes chances qu’elle se retrouve à la poubelle.

Peluches de rêve

Comment renouer avec la magie des jouets d’antan, avec les couleurs chaudes et les matières nobles des objets qui ont bercé l’enfance de nos arrière-grands-parents et de leurs enfants? En partant à la recherche des magasins d’autrefois. Certains existent depuis des lustres – l’Echo magazine a présenté il y deux ans «Au vieux Paris», à Genève, qui vend des jouets depuis 1964. D’autres sont plus récents. Le petit dernier en Suisse romande est valaisan. Baptisé «Rikimini», il a ouvert ses portes au début du mois de mai à deux pas de la poste du Nord, en haut de la vieille ville de Sion.
Son concept? Dénicher et proposer des jouets de qualité et de tradition. Une caverne d’Ali Baba indépendante qui passe commande comme elle l’entend. Ses fournisseurs? «Pas une centrale d’achat donnée, seulement des fabricants de qualité», répond le gardien des lieux, Christophe Moret. A l’entrée de l’échoppe, un énorme panda au regard attachant accueille les curieux. «99% des peluches vendues dans le monde viennent d’Asie, commente le patron de Rikimini, mais presque toutes celles que vous voyez ici proviennent d’Allemagne.» De Bad, pour être exact. Une petite ville sur la rivière Saale où les artisans des ateliers Kösen confectionnent des peluches de collection depuis 90 ans. Certaines rassemblent jusqu’à septante éléments cousus ensemble, remplis de fibres de haute qualité, peignés, brossés et finalement peints, le tout à la main! «Le prix est plus élevé, mais le résultat est assez époustouflant. Ces peluches sont hyper expressives et résistent à tout», ajoute Christophe Moret, caressant une chouette qui le fixe de ses grands yeux ronds.

Jouets au Baufix

Petits trains Brio, jeux de construction Baufix, poupées Corolle, les marques mythiques et renommées pour leur qualité brillent sur les étagères – magnifiquement boisées, certaines ont été faites sur mesure en Italie. Explorer ce magasin aux pièces chaleureuses reliées entre elles par de petits couloirs, c’est aussi faire connaissance avec des artisans de toute l’Europe. Indirectement en tout cas, à travers leurs innombrables et parfois surprenantes créations: jouets à tirer et marionnettes tchèques, souris danoises en robe de nuit assoupies dans des boîtes à cigares (les souriceaux se blottissent dans des boîtes d’allumettes), petits bateaux de Bretagne et autres déguisements parisiens. Des trésors débusqués via internet ou lors de la foire mondiale annuelle du jouet à Nuremberg, en janvier.
Et la Suisse, ne compte-t-elle pas d’artisans amoureux des jouets sur ses terres? «Je reçois de beaux plots en bois de Berne. Il y a aussi une entreprise suisse alémanique (Sakol) qui propose des structures intéressantes en bois et velcro. Un ébéniste du Jura français me fournit quelques boîtes à musique. Tout cela n’est pas donné», regrette Christophe Moret, qui craint que la culture du jouet se soit un peu perdue en Suisse.

Des affaires au père Noël

Né à Vevey en 1959, cet homme d’affaires reconverti en père Noël a suivi un parcours étonnant depuis la fin de ses études de lettres à Lausanne, en 1981. «J’ai enseigné trois ans au gymnase. Tout en conservant mon intérêt pour la littérature, j’ai bifurqué vers l’économie, un domaine qui m’a toujours attiré.» Après des études poussées dans une école de management à Lausanne, Christophe Moret entame une carrière dans le conseil aux entreprises.
Une activité passionnante qui le mène dans différents horizons. «Dans les années quatrevingt, il y avait un côté bricoleur dans ce métier. Il se faisait sans internet et presque sans ordinateur. Pour comprendre comment et où investir, j’étais en contact permanent avec d’autres personnes, clients, fournisseurs, patrons: je touchais un peu à tout.» Un côté humaniste du monde de l’entreprise qui, selon Christophe Moret, n’existe presque plus. «Aujourd’hui, une bonne partie du job se résume à réduire les coûts. Cela passe par le licenciement du personnel, ce qui n’est pas spécialement ma tasse de thé.» En 2010, après 13 ans de vadrouille entre Genève, Paris, Hambourg et Londres, l’économiste lettré décide de cesser son activité: «Le métier avait changé et je venais de passer une année difficile à Shanghai».
Après avoir déménagé à Savièse avec sa femme, il installe sa boutique à Sion, au sommet de la rue pavée du Grand-Pont. «Nous étions nombreux sur la liste. Les propriétaires en avaient marre des magasins de vêtements et des agences immobilières, une chance pour nous!» Et depuis mai, les affaires marchent plutôt bien.

Crèches napolitaines

«Beaucoup de curieux passent nous voir. Les gens en ont assez du plastique. Le bois, ils adorent. Et ils apprécient qu’on prenne le temps de les conseiller», explique une des deux vendeuses à mi-temps. «Dans les grandes surfaces, ils n’ont pas de maisons de poupées de cette qualité et ici on trouve des pièces de rechange», souligne une cliente visiblement satisfaite de ses achats.
«On commande d’abord un lot de jouets qui nous semblent intéressants et on les teste avant de les proposer dans le magasin», précise Christophe Moret, qui met un point d’honneur à retirer les éventuels emballages en plastique de chaque jouet avant d’exposer en vitrine. «On doit pouvoir les toucher, c’est très important», assure-t-il. Sans cesse en quête de nouveaux trésors, il a déjà passé commande pour l’année prochaine: en plus des marionnettes à un doigt et des chevaux à bascule, le public pourra bientôt admirer de belles crèches napolitaines. D’ici là, il vous souhaite buon Natale à tous !    

Cédric Reichenbach

 

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