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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
Articles 2012 - A la Une
Jeudi, 15 Novembre 2012 00:00

 

 

PDC, le parti centenaire

Comment peut-on être jeune et PDC?

Avoir vingt ans et se plaire au PDC: l’idée ne rebute pas certains jeunes. Dans le canton de Fribourg, ils sont même de plus en plus nombreux. Rencontre avec leur chef de file.

Blaise Fasel, 21 ans, étudie l’histoire et l’anthropologie sociale à l’Université de Fribourg. Premier de quatre enfants, il est aussi président des Jeunes démocrates-chrétiens (JDC) fribourgeois et secrétaire du PDC en ville de Fribourg. Il signe un des textes publiés dans La Politique, la brochure éditée par le parti suisse pour son centenaire, texte dans lequel Blaise Fasel dresse un constat «terrifiant» de la situation de son parti. Un bon interlocuteur pour savoir ce qu’est le PDC aujourd’hui.

Comment êtes-vous entré au PDC? Par tradition familiale?

Blaise Fasel: – Ma mère était plutôt socialiste, mon père PDC, et on parlait volontiers politique à table. Mais j’ai adhéré au parti à l’âge de 16 ans sans en parler à personne, en répondant à un flyer reçu à la maison.

Quel a été le déclic?

– Je suivais à la TV les débats sur la montée de l’UDC, un parti qui me dérangeait beaucoup. Et le PDC m’apparaissait comme le meilleur rempart face à la politique de Blocher.

Vous auriez pu aller chez les socialistes. Ne dit-on pas que les jeunes votent davantage à gauche et que le «C» du PDC les rebute?

– Ça, ce sont les images qui circulent sur les jeunes, y compris à l’intérieur du PDC, mais elles sont fausses. Au collège, la plupart de mes amis se croyaient effectivement «de gauche», mais les jeunes de l’Ecole professionnelle, les apprentis, seraient plutôt UDC. Et les temps changent: quand j’ai pris la présidence des JDC fribourgeois, en avril 2011, nous étions 54. Aujourd’hui, nous sommes 99. Loin d’être un obstacle, l’identité chrétienne du parti est devenue un motif d’adhésion. Cela ne veut pas dire que nos membres vont tous les dimanches à la messe, mais ils apprécient le fait que ce parti a des valeurs fortes et qu’il ne renie pas son héritage chrétien.

Cet héritage est-il cultivé à l’intérieur du PDC?

– Pas vraiment. Mais nous avons proposé aux JDC un cycle sur l’enseignement social chrétien avec des profs de l’Université: six cours de deux heures réparties sur une année. Il y a eu une vingtaine de participants chaque fois, ce qui est bien. Au départ, certains se méfiaient, mais ils ont apprécié. Ils ont eu le sentiment de recevoir les outils nécessaires pour comprendre ce que le parti défend, pour mieux répondre à ceux qui nous reprochent notre politique louvoyante. Ce qu’elle n’est pas. Ou plus.

Justement: dans la brochure du centenaire, vous avez des mots durs sur votre parti, parlant d’ «échec indiscutable de sa politique libérale-sociale». A quoi faites-vous allusion?

– Dans les années 1990, le PDC a voulu conquérir l’électorat des villes, là où vit la majorité des Suisses. C’est un électorat moins conservateur sur les questions d’éthique ou de morale individuelle que l’électorat traditionnel du PDC. Quinze après, cette stratégie «libérale-sociale» s’est révélée un échec: le parti n’a pas percé dans les cantons urbains et il s’est fait laminer par l’UDC dans ses bastions traditionnels. Jamais nous n’avons été aussi faibles au niveau fédéral, au point d’être bientôt un «petit parti» à l’égal des Verts. D’où le constat terrifiant que je posais dans mon article.

Le choix de glisser vers le centre gauche s’expliquait aussi par le fait qu’il y avait déjà deux grands partis à droite, l’UDC et les radicaux. N’était-ce pas une carte à jouer pour le PDC?

– Eh bien, c’était une illusion. On pouvait penser, et ce fut le cas à Fribourg quand les chrétiens-sociaux étaient actifs au sein du PDC, qu’il y avait une place au centre-gauche. Mais les chrétiens-sociaux sont partis et les conservateurs conservateurs ont fini à l’UDC. Dans notre parti ne sont restés que les conservateurs, donc des gens de droite, mais avec des préoccupations sociales: la défense de la famille, le rôle de l’Etat, la solidarité avec les plus faibles…

Etre de droite et quand même un peu social: une fois de plus, vous tentez de marier les contraires, ce qui fait votre réputation de grands slalomeurs?

– Les médias nous épinglent volontiers sur ce point, mais c’est une position très réaliste: on peut être de droite et attentif aux autres. Par contre, il y a quelque chose de vrai dans la critique faite au PDC, et je rejoins sur ce point ce que dit Urs Schwaller, président du groupe PDC aux Chambres fédérales, dans le numéro de La Politique: à force de chercher le compromis, le parti a donné l’impression de manquer de profil. A l’avenir, nous devrons parfois défendre nos choix jusqu’au bout quitte à perdre en votation, pour que les électeurs comprennent que nous avons une ligne et que nous y croyons.

Vous ne voulez plus être au centre?

– Mais tout le monde est au centre, même les socialistes! Par contre, se proclamer «parti du centre» n’est pas mobilisateur. A mon avis, c’est se tirer une balle dans le pied. On gagne au centre, mais il ne faut pas être du centre. Car cela semble dire que les autres ont des idées et nous seulement la capacité de trouver les compromis, sans avoir nous-mêmes un projet politique. 
Pour le dire mieux: notre rôle ne doit pas être uniquement de faire des compromis avec les projets des autres, mais d’amener les autres à faire des compromis sur nos propositions.

Qu’est-ce qui vous permet de croire que demain sera meilleur qu’aujourd’hui, pour votre parti?

– Le PDC n’est pas (encore) un parti qui surfe sur la vague, c’est vrai, mais c’est une marque super solide. Sa longue histoire le prouve. Il prend des vestes, il a mauvaise presse auprès des journalistes, mais il est toujours là, les structures fonctionnent, les assemblées sont bien fréquentées. Il y a un socle très solide. Mais le plus encourageant, je vous l’ai dit, c’est que, à Fribourg, nous voyons affluer des jeunes très motivés et à l’aise avec la ligne du parti. A long terme, nous serons gagnants.

Propos recueillis par Patrice Favre

 

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