image003

«Nous nous retrouverons»

La reine Elisabeth II a parlé à son peuple avec le calme rassu- rant de l’autorité et le réconfort aimant de la mère patrie. La reine Elisabeth II a parlé à son peuple avec le calme rassu- rant de l’autorité et le réconfort aimant de la mère patrie.

Au soir du dimanche des Rameaux, la reine du Royaume-Uni Elisabeth II s’est adressée aux Britanniques et aux pays du Commonwealth. Une allocution admirable dont le sang-froid, la gravité et la noblesse valent leçon de majesté.

Son adresse royale a été reléguée au second plan du fait de l’hospitalisation de Boris Johnson. Et pourtant, l’allocution d’Elisabeth II du 5 avril était historique à tous égards. Hormis le traditionnel discours de Noël et autres réceptions de circonstance, c’était la cinquième fois que la reine s’adressait à sa nation et au Commonwealth, les pays de l’ancien Empire britannique. Il y eut la première guerre d’Irak. Les funérailles de Diana. L’enterrement de sa mère. Son jubilé de diamant. Et maintenant le coronavirus.
Son allocution était aussi historique en raison de la résonance de ses mots, écrits avec son secrétaire privé Sir Edward Young, et un 10 Downing Street déserté par un Premier ministre alité. Des grappes d’espoir. Des phrases sensées et sensibles. Parler, c’est écouter celles et ceux à qui l’on s’adresse. Le cœur, la raison et l’esprit ont été irrémédiablement touchés.
Ses mots résonnent encore... Courage. Chagrin. Surmonter. Fierté. Vulnérables. Travailleurs essentiels. Esprit national. Réflexion. Pause. Prière. Il faudrait reproduire tout son discours. C’est un chef-d’œuvre de sang-froid. Un modèle de communication. Sa sobriété apaise. Sa bienveillance réconforte. Sans rien exagérer ni minimiser.

Rareté de la parole

Elisabeth II a parlé comme seule la tête couronnée d’une royauté multiséculaire, éprouvée par les hauts et les bas de l’histoire, est capable de s’exprimer en un moment crucial. Le ton n’était pas martial. Chaleur de la tempérance. Sang-froid encore, toujours. Le souvenir du Blitz, les tapis de bombes nazies, a plané. Un souhait d’unité a été formulé: que «ceux qui viendront après nous disent que les Britanniques de cette génération auront été aussi solides que ceux des précédentes. Que l’autodiscipline, la détermination calme et positive et la solidarité sont des qualités qui caractérisent toujours ce pays».
Elisabeth II s’est exprimée de son lieu de confinement, le château de Windsor, non loin de Londres, une forteresse qui surplombe la Tamise et symbolise la bravoure britannique entre juin 1940 et juin 1941, quand Albion était seule face à Hitler. Le symbole n’a échappé à personne. De même que l’élégance de sa robe verte – la couleur de l’espérance – et sa broche, un souvenir de sa grand-mère bien-aimée, la reine Mary, que la jeune Elisabeth appelait Grandma England.
En ce dimanche des Rameaux, c’est ainsi qu’Elisabeth II est apparue. Un roc dont le calme demeure souverain dans la tempête. Une auguste dame. Une ancre vénérable. Une personnification de la dignité. Le lien d’une nation meurtrie. La reine a démontré la valeur de la rareté de la parole dans un monde où les gouvernements bavent sur Twitter.
«Nous serons à nouveau avec nos amis, nous serons à nouveau avec nos familles, nous nous retrouverons», a-t-elle conclu, citant la chanson de Vera Lynn We’ll Meet Again, emblématique de la bataille d’Angleterre. Nous ne savons ni quand ni où, mais nous nous retrouverons. Grâce à une Majesté rayonnante de 93 ans, croyons-le.

Newsletter Echo

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez nos contenus et promotions en exclusivité!