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Mots semences

De la poésie contre le coronavirus? En cette période de confinement, certains auront peut-être décidé de lire toute La Comédie humaine de Balzac ou de terminer La Légende des siècles de Victor Hugo histoire de secouer la poussière de leur bibliothèque. Et si quelques poèmes suffisaient pour faire front aux nouvelles que nous servent les médias à longueur de bulletins? Quelques mots comme un rempart contre l’angoisse, comme un espace de printemps au cœur d’une actualité rude et incertaine.


Ouvrir un recueil de poèmes, c’est accueillir un souffle. C’est ouvrir une fenêtre sur la vie présente ici et maintenant. C’est poser les yeux sur la beauté et la bonté du monde. Des mots de feu, de lisières, qui tracent un chemin, bravant la peur et le doute. Ni péremptoires ni assurés du parcours, ils savent nous rejoindre au fort de la tempête. Pour nous emmener plus loin.
Des mots de poésie au cœur brûlant et inquiet de notre monde. Si humbles, si petits, si vrais. Lumières au long des jours, balises au fil du temps. Ils ouvrent au-dedans l’espace de l’espérance, à la mesure de nos attentes – et combien elles sont grandes en ce temps d’incertitude et de brisure!
«A portée de la voix l’impossible parole/L’aveu jette la vie en eau profonde/Et les mots ensemencent l’avenir/Une ère nouvelle s’ouvre comme une amande.» Cadeau de Gilles Baudry dans Présent intérieur (Editions Rougerie). Ainsi les mots de poésie sont semence. Laissons-les nous rejoindre, nous habiter, nous ensemencer en ce temps qui nous bouscule. Pour un avenir de lumière. «Une ère nouvelle», dit le poète.
Elle commence à l’intérieur. Au plus profond. Là où les mots se déposent, vivent et croissent. Traduisant, dit le moine poète, «l’alliance de l’intime et de l’illimité».

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