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top news photography Renfrogné... comme un ado en vacances

Avec de jeunes enfants, une plage, une pelle et un seau suffisent à garantir la bonne humeur pendant l’été. Avec les plus grands il en va différemment. Les vacances avec les ados exposent à un danger bien précis: celui d’être confronté à longueur de journée à des mines renfrognées, le nez ne se levant pas du smartphone. Pour en savoir plus...
Articles 2017 - Edito
Jeudi, 22 Juin 2017 00:00
 

Edito: eux et nous

patrice7

«Bref, (il faut) s’impliquer dans le monde et ranger l’Alleingang au musée»: cette formulation tonique est signée Jean-Pascal Delamuraz. Elle mérite d’être rappelée au moment où son successeur Didier Burkhalter, radical comme lui, renonce au Conseil fédéral.
Avec Delamuraz, conseiller fédéral de 1984 à 1998, s’ouvrait ce que le jeune historien Blaise Fontanellaz qualifie de «passion romande pour le projet européen»*. Avec le départ de Burkhalter, cette parenthèse se referme. Mais la Suisse ne sait toujours pas quel est son avenir au cœur de l’Europe.
Le hasard faisant bien les choses, Fontanellaz avait proposé à l’Echo un article avant que soit connue la démission de Burkhalter. Je vous en conseille la lecture. Il nous rappelle que le parti radical n’est pas né pour chanter les vertus de l’Union européenne. Pendant la guerre froide encore, les radicaux étaient les champions du Sonderfall helvétique, cette idée d’une position particulière de la Suisse, pays béni des dieux mais destiné à rester hors du jeu des nations: neutre entre l’Est et l’Ouest, attaché à ses institutions démocratiques, un pays qui ne doit pas changer.
Puis il y a eu la chute du mur de Berlin. Et mai 1968. La montée imprévue d’une puissance européenne crédible et le désintérêt des jeunes pour l’armée et pour les valeurs chères aux vieilles badernes du parti radical. Jean-Pascal Delamuraz en avait conclu qu’il fallait changer son fusil d’épaule et remiser la voie solitaire au musée.
Portés par cet orateur passionné, 78,4% des Vaudois votèrent en faveur de l’Espace économique européen en décembre 1992. Parmi eux, la plupart des radicaux vaudois (et bon nombre d’UDC) et même des radicaux alémaniques fascinés par le grand marché européen. Mais cette passion pro-européenne se cassa les dents sur un certain Christoph Blocher.


Se salir les mains dans la cendre de cette passion européenne.


 Depuis, suggère l’historien Fontanellaz, le parti radical est en crise et la Suisse avec lui. L’échec de Burkhalter, qui n’a pas su débloquer les négociations avec Bruxelles, en est la preuve. Mais le plus grave est que la réflexion elle-même est en panne. Les partis du centre-droit ont peur de se salir les mains dans la cendre de cette passion européenne.
Faut-il ressortir l’Alleingang du musée? Faut-il au contraire s’impliquer davantage dans les affaires du monde, comme le voulait Delamuraz?
Les deux options présentent des avantages et des risques, mais le plus dangereux serait de décider sur un coup de tête, de voter avec ses tripes. Mettons fin à la parenthèse et commençons à penser.

 

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