ecovoiturage-upper

news menu left
top news photography Abus sexuels: la loi du silence pèse sur les sportifs

Les crimes pédophiles et les violences sexuelles ont été dénoncés dans l’Eglise, puis dans le cinéma avec l’affaire Harvey Weinstein. Et on découvre que le milieu sportif est lui aussi particulièrement concerné. Pour en savoir plus...
Articles 2018 - Edito
Jeudi, 02 Août 2018 00:00
 

Edito: Le peuple de l'herbe

patrice2

Trente ans déjà que Dominique Lehner croise de jeunes drogués, trente ans qu’il les accueille dans sa maison de Bethraïm, près de Lausanne. Et trente ans qu’il refuse la légalisation du cannabis.

Il a des arguments: même «douce», dit-il, la drogue altère la volonté et la liberté. Elle favorise la fuite dans ce qu’on appelait autrefois des «paradis artificiels» qui, pour certains, ressemblent vite à un enfer.
Mais ce discours n’est plus à la mode. Surtout pas auprès de Justin Trudeau, jeune Premier ministre canadien, qui vient de casser un tabou: le 17 octobre, le Canada sera le premier pays du G7 à légaliser la consommation et la culture du cannabis. Dès son élection, il avait eu cette petite phrase qui avait fait le tour du monde: «Un ado, chez nous, achète un joint plus facilement qu’une bière». La prohibition étant un échec, essayons la légalisation.
Trudeau a gagné et le peuple de l’herbe applaudit. Mais la mise en œuvre ne sera pas simple. La vente sera autorisée aux adultes dès 18 ou 19 ans selon la province (mais que feront les ados?), elle aura lieu uniquement dans des magasins autorisés (mais aussi par la poste), la possession sera limitée à 30 grammes par personne, chacun pourra planter au maximum quatre plants chez soi (mais le Québec a déjà décrété: «Chez nous, ce sera zéro plant!»). Et de nombreux contrôles sont annoncés pour tenir les mafias à distance.


Partout dans le monde, la politique répressive remplit les prisons.


 Bref, il y a encore des réglages à faire, mais le modèle Trudeau intéresse. Partout dans le monde, la politique répressive remplit les prisons et enrichit les dealers sans freiner la consommation. Si l’Etat prend ce marché en main, il pourra contrôler la qualité du produit, suivre les consommateurs, freiner le marché noir et même taxer la consommation. Un peu comme cela se fait pour l’alcool et le tabac.
Ce modèle ne convainc pas tout le monde, on s’en doute. Un reportage de Radio Canada révèle que dans l’Etat américain du Colorado, qui a légalisé le cannabis en 2014, les trafiquants sont plus nombreux qu’avant. Ils revendent la drogue dans d’autres Etats qui l’interdisent encore, ils pratiquent des prix plus bas que les points de vente officiels et plantent du cannabis à tour de bras en se moquant des règlements. Les shérifs du Colorado ont du boulot plein les bras.
Trudeau a promis de faire le bilan dans un an. J’ai des doutes sur la neutralité des enquêteurs, mais on verra. Et je n’oublie pas la provocation de Dominique Lehner: d’où vient, dans un monde si parfait, le besoin irrépressible de se rouler dans l’herbe?

 

Cette semaine

2018-32-sommaire 

 

colosse campagne_echo_2018

 

archives-2018

 

Tablette Amigo




Echo Magazine © Tous droits réservés. Route de Meyrin 12. CH-1211 Genève 7. Tél +41 22 593 03 03. Fax +41 22 593 03 19 redaction@echomagazine.ch