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top news photography France: «Je me suis trompé de Coran, d’islam et de Dieu»

Farid Abdelkrim était un jeune de banlieue fasciné par les Frères musulmans. Il est aujourd’hui un humoriste reconnu qui s’engage pour un autre islam, un autre rapport à la religion. Né en 1967 à Nantes, dernier d’une famille de cinq garçons, Farid Abdelkrim a été pendant quinze ans membre des Frères musulmans. Il aurait pu basculer dans la violence. Il admet aujourd’hui qu’il «s’est planté». En 2015, il a publié Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste. Farid est toujours croyant, mais il a retrouvé sa liberté. Pour en savoir plus...
Articles 2018 - Edito
Mercredi, 19 Septembre 2018 00:00
 

Edito: Le chiffon rouge

patrice1Ouf! Il paraît qu’on peut respirer. Les Démocrates de Suède, qualifiés de populistes par leurs adversaires, n’ont obtenu «que» 17,65 des suffrages dimanche. Assez loin des 20% annoncés par les sondages, mais en progression de 35% par rapport aux précédentes élections, en 2014. Si ce n’est pas un succès, ça...
La Suède a largement ouvert ses frontières aux Syriens, Irakiens et Afghans, arrivés par dizaines de milliers au pays des Vikings aux yeux bleus. 400’000 réfugiés, la plupart musulmans, en quatre ans, c’est énorme. Le choc culturel était programmé, mais il n’explique pas tout. Intéressant est le fait que les revendications des Démocrates de Suède ne portent pas seulement sur la fermeture des frontières. Ils veulent plus d’argent pour les retraités, les services sociaux, les hôpitaux. L’étranger est un chiffon rouge, efficace pour attirer les électeurs, mais le malaise est plus profond.
Dans une récente interview*, le politologue Yascha Mounk, professeur à Harvard, voyait trois causes à l’essor du populisme: «la stagnation du niveau de vie des classes moyennes; la transformation de sociétés homogènes, mono-ethniques, en sociétés multiculturelles; le développement d’internet et des réseaux sociaux». Ceux-ci permettent une communication parallèle qui échappe au discours policé des élites. Qu’on pense aux tweets rageurs de Donald Trump.


Le populisme est une nouvelle étape de la lutte des classes.


Le populisme est une nouvelle étape de la lutte des classes. La mondialisation profite à une élite qui concentre les richesses et s’enferme dans un ghetto pendant que l’Etat-Providence croule sous les dettes. Si les bénéfices du capitalisme ne sont pas partagés, le système ne tiendra pas.

Mais la crise n’est pas seulement économique. Comme le dit Chantal Delsol, une philosophe que j’apprécie, les populistes sont les «demeurés de l’histoire», les antimodernes par excellence qui voient disparaître le monde qu’ils connaissaient. Ils voudraient arrêter le progrès parce qu’ils ne croient plus au progrès. Ce sont des ours blancs sur la banquise.
Un peuple tient ensemble parce qu’il a une culture commune. Lisez dans nos colonnes l’interview de l’ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger: la démocratie helvétique n’est pas qu’un système politique original. C’est la conscience, héritée des générations qui nous ont précédés, qu’il est possible de vivre ensemble même si on ne partage pas la même langue, la même religion et le même credo politique.
Les valeurs se cultivent et se transmettent, aussi aux étrangers qui arrivent dans un pays. Si elles se perdent, c’est le pays qui se perd.

 

* Dans La Croix du 6 septembre 2018. Il a publié Le Peuple contre la démocratie, Editions de L’Observatoire, 528 pages.

 

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