banner voxinox

news menu left
top news photography La laïcité selon Valentine Zuber: ni un glaive, ni un bouclier

Genève, samedi 28 octobre. Un délégué syndical achève son discours devant plus d’une centaine de manifestants et plusieurs grévistes. «Nous nous battons contre l’externalisation des EMS de Notre-Dame et de Plantamour», deux maisons de retraite situées à la rue de Lausanne, non loin de la gare, pour la première, et à la Rue Philippe-Plantamour, proche des bains des Pâquis, pour la seconde. Externalisation? Ce terme est utilisé lorsqu’une entreprise se sépare d’une activité réalisée jusque-là en interne pour la confier à une société extérieure. Le but? En général, faire des économies. Pour en savoir plus...
Articles 2017 - Edito
Mercredi, 13 Décembre 2017 00:00
 

Edito: Qui étais-tu Johnny...

patrice7

Des dizaines de femmes ont couché avec un mec qu’elles appelaient Johnny alors que Jean-Philippe était seul dans son lit. A moins que Sylvie, Nathalie et Laeticia, dans l’intimité, l’aient appelé par son nom, celui que sa mère lui avait donné et que le Bon Dieu, là-haut, aura utilisé. Car il n’y a pas de double là-haut, pas de star ni de mec. Il n’y a que soi devant un Autre qui ouvre les bras. Probablement.
Depuis l’annonce du décès de Johnny Hallyday mercredi matin, ses chansons ont tourné en boucle, certaines que je chantais gamin en ne sachant pas qu’elles venaient de lui, comme Les portes du pénitencier. D’ailleurs elle n’était pas de lui puisqu’elle venait des Etats-Unis. Encore un emprunt d’identité. Mais Johnny la chantait bien, avec une voix qui prenait aux tripes.
Après sa mort, j’ai lu des dizaines d’articles, mais je n’ai pas trouvé grand-chose sur ce formidable dédoublement. Etre né avec un nom, l’avoir porté en famille, dans la rue, à l’armée où le soldat Johnny n’a jamais existé. Et se mirer dans le regard de milliers de fans qui hurlent «Johnniiiiiiiii!» quand on s’appelle Jean-Philippe. Avec le fisc c’était bien, car les inspecteurs couraient après un certain Monsieur Johnny alors que son double, né pendant la guerre, savait qu’il faut cacher ses billes.
Vivre dans la peau d’un autre, cela doit faire drôle. De fait, Johnny n’a cessé de porter des fringues délirantes et de crier devant son miroir: «Que je t’aime, que je t’aime». Peut-être parce que Jean-Philippe n’en était pas sûr. Peut-être était-ce un moyen de tromper la mort, de lui dire: «Prenez l’autre, le masque, la star, et laissez-moi encore un peu ici-bas». Mais ça ne marche pas, ça ne marche jamais.


Un autre cas de double identité vit sous nos yeux.


Il n’était pas seul dans ce cas, bien sûr. J’ai connu un prêtre genevois qui avait reçu un nouveau nom au moment de sa profession religieuse. Cela se faisait pour manifester que le vieil homme faisait place à une nouvelle créature. Comme Simon devenu Pierre parce que Jésus avait besoin d’un caillou, d’une tête dure, pour lui confier son Eglise. Le religieux dont je parle, devenu cardinal, avait récupéré son nom de baptême et c’est ainsi qu’il signait ses derniers livres. Le dédoublement ne marche pas toujours.
Un autre cas de double identité vit sous nos yeux avec François, pape à Rome, qui a occulté – ou accompli, réalisé – l’Argentin Bergoglio. Celui-ci était triste et sévère, disent ses biographes, alors que François est accueillant et souriant.
Qui sait: peut-être que le nom importe peu, que l’essentiel est ailleurs. Dans le fait que, tôt ou tard, le Je rencontre un Tu et découvre qu’il n’est plus seul. Définitivement.

 

Cette semaine

sommaire-50 

 

archives

 

Tablette Amigo




Echo Magazine © Tous droits réservés. Route de Meyrin 12. Boîte Postale 80. CH-1211 Genève 7. Tél +41 22 593 03 03. Fax +41 22 593 03 19 redaction@echomagazine.ch