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Articles 2017 - Edito
Mercredi, 03 Mai 2017 00:00
 

Edito: un impossible sourire

patrice5Entre deux séances chez le dentiste, la semaine passée m’a offert des rencontres qui m’ont rappelé que la vie ne se réduit pas aux moments plus ou moins désagréables que nous traversons tous.

Dans un cas, il s’agissait de la journaliste Anne-Dauphine Julliand, venue présenter son documentaire Et les mistrals gagnants. Il passe dès aujourd’hui dans plusieurs cinémas romands et je le recommande vivement à nos lecteurs. Le deuxième était un franciscain syrien, le Père Ibrahim, curé d’Alep, qui a raconté son travail à quelques mètres du front, sous les balles et les missiles qui tuaient ses paroissiens.
Anne-Dauphine et Ibrahim ont plusieurs points en commun, à commencer par un sourire qui est de l’ordre de l’impossible: après ce qu’ils ont vécu, ils devraient raser les murs. Mais non, ils sourient et leur sourire est contagieux, jusqu’à provoquer cette réflexion chez ceux qui les entendent: «Voilà des gens heureux. Comment font-ils?».
Jeune maman, Anne-Dauphine a vu mourir ses deux filles de maladie incurable. Et son documentaire suit cinq enfants atteints de maladies gravissimes, parfois sans espoir de guérison. Mais il n’a rien de larmoyant. Certes, ces destins sont bouleversants, mais on voudrait ne plus quitter ces petits bouts de chou qui tombent et se relèvent, qui jouent et qui rient. Qui veulent vivre.


On voudrait ne plus quitter ces petits bouts de chou
qui tombent et qui se relèvent.


Le Père Ibrahim a vu s’écrouler quantité de maisons, il a enterré des enfants et des vieillards, il a entendu les hurlements des mères désespérées, mais il n’a pas baissé les bras. Avec une sérénité qui semble venir d’un autre monde, il mobilise les bonnes volontés – jusqu’au pape qui a vidé son porte-monnaie et celui de ses cardinaux pour l’aider! Il a plus de 30 projets en cours, dont le soutien de 740 couples qui ont choisi de se marier au milieu des ruines. «Grâce à eux, la vie aura le dernier mot!», disait-il l’autre soir à Fribourg.
Quel est leur secret? Déjà, ils se mettent au niveau de ceux qu’ils aiment. La journaliste s’est mise à genoux pendant des mois pour être à la hauteur des enfants, partageant leurs jeux, leurs soins et leurs larmes, gagnant leur confiance. Frère Ibrahim mange et vit comme les pauvres de sa paroisse: il donne tout ce qu’il a pour les aider aujourd’hui. Pour demain on verra, demain est dans les mains de Dieu.
Leur don le plus précieux, celui qu’ils nous font à nous aussi et qui nous aide dans les ruines de nos vies, c’est leur sourire. Il y a un espoir ici et maintenant, il y a des bonheurs possibles. A l’exemple d’un enfant filmé par Anne-Dauphine, ils nous disent que «parfois, la vie fait de la peine, mais la vie vaut la peine ».

 

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