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top news photography Difficile pour un homme de trouver sa place face au harcèlement

Affaires Weinstein, Ramadan, Buttet: l’automne a malmené la gent masculine. Certains veulent interdire au prince charmant d’embrasser sa belle. Peut-on être un homme, un vrai, sans être un salaud? Le point avec des psys romands.En première page, les yeux de cocker de Yannick Buttet demandaient «pardon à toutes les femmes» pour les frasques honteuses du politicien valaisan; trois centimètres plus loin, la crinière blonde de Brigitte Bardot (jeune) recouvrait d’un voile de fausse pudeur les épaules et la poitrine nues du sex-symbol au regard aguicheur. La couverture de L’illustré du 6 décembre résume à elle seule les ambiguïtés de notre époque. Pour en savoir plus...
Articles 2018 - Edito
Mercredi, 10 Janvier 2018 00:00
 

Edito: sur le toboggan

patrice7

Trente ans, dans la vie d’un homme, c’est long. A l’échelle du monde, c’est court – une génération! –, mais suffisant pour assister à des changements stupéfiants. En 1990, dit un sondage de La Croix, une petite minorité de Français (24%) acceptaient qu’un couple de femmes homosexuelles se donne un bébé grâce à la procréation artificielle. Aujourd’hui, ils sont 60%. Et 64% sont prêts à légaliser le recours aux mères porteuses.
Des pratiques impensables quand j’étais jeune – comme le mariage homosexuel devant le maire – sont désormais acquises. Et le mouvement s’accélère, à croire que les mœurs sont sur un toboggan. Ce qui hier était interdit ou immoral devient soudain légal et normal.
Sociologues et philosophes mettent des mots sur ce basculement de l’opinion. Ils parlent «d’effondrement des évidences»*, de lois «compassionnelles»: puisque la fécondation in vitro répond à la souffrance d’hommes et de femmes privés d’enfants, qui oserait l’interdire? Il en va de même pour l’avortement, présenté comme le remède à la souffrance d’une grossesse non désirée. Ou l’euthanasie, qui permet d’échapper à la maladie et à la décrépitude.
Et rien n’arrête la glissade: ni les lois ni les «manifs pour tous» ni les dérives constatées. Que des femmes soient exploitées pour porter le bébé d’autrui est choquant, mais cela se fait quand même. On est passé d’une civilisation des devoirs – imposés par l’Etat, les Eglises ou la tradition – à une civilisation des droits individuels. A commencer par le droit de mener sa vie comme bon nous semble.


La morale écologique défend les bébés phoques.


 Parallèlement, la pédagogie de la menace qui avait cours dans mon enfance – «si tu agis mal, tu iras en enfer» – a disparu, ou plutôt elle s’est déplacée: gare à qui fume, prend des kilos ou pollue la planète, il subit les foudres des censeurs. La morale écologique défend les bébés phoques, mais tolère l’élimination des embryons surnuméraires.
Que faire ? Se lamenter ou se réfugier dans des «réserves pour bons chrétiens» comme dans une réserve d’Indiens? Suivant ces débats depuis trente ans, je suis toujours plus convaincu que ce désir de liberté a quelque chose de positif. Il ne doit pas être nié, mais accueilli et poussé plus loin: tu veux être libre, ok, mais pour obtenir quoi? Et à quel prix?
Et je suis toujours étonné par des personnes – le dernier cas est celui du pape François – qui n’ont pas peur de cette évolution, qui ne lancent pas des condamnations mais proposent un chemin, une pédagogie de la relation. Dans laquelle la liberté apprend que tout n’est pas possible. Mais qu’il y a une réponse à notre désir.

 

Patrice Favre au Forum de la RTS à propos de la crèche à l'école

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