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top news photography Jean-Pierre Denis, directeur du journal "La Vie"

L’Eglise va mal. Raison de plus pour que les chrétiens osent dire en quoi ils croient, affirme le journaliste français Jean-Pierre Denis, directeur de La Vie, dans son dernier livre, Un catholique s’est échappé. Sur la coque de son téléphone portable, on lit Jesus loves you. Associer ce message à Jean-Pierre Denis, qui a tout de l’intellectuel parisien avec sa barbe courte et ses lunettes rondes, a quelque chose de comique. «C’est une coque qui m’a été offerte, se justifie-t-il. L’autre jour, dans le métro, ça m’a donné l’occasion de parler avec une jeune femme noire chanteuse de gospel. C’est une porte ouverte à la conversation», affirme le rédacteur en chef de l’hebdomadaire catholique La Vie. Tout à fait dans la ligne de son dernier livre, Un catholique s’est échappé*, dans lequel il plaide pour un christianisme sans rouge au front. Pour en savoir plus...
Articles 2019 - Edito
Jeudi, 18 Avril 2019 00:00
 

Edito: C'est Pâques chaque matin

patrice1

J’ai souri l’autre matin en découvrant des feuilles microscopiques sur l’arbre de mon balcon. Je le croyais mort, brûlé par le gel. Mais non, il va fleurir.

J’y ai vu une parabole de la Pâque que nous fêterons dimanche.
Je sais: le printemps triomphant de l’hiver, ce n’est pas original. Mais rien ne colle mieux à une actualité qui nous parle sans cesse de la mort: celle de la planète, qui inquiète tant les jeunes, celle des migrants, celle de notre corps qui s’use et vieillit. Celle de l’Eglise catholique et romaine, secouée par une incroyable série de scandales.
C’est le sujet de l’interview de Jean-Pierre Denis, directeur de l’hebdomadaire français La Vie (en pages 10-14). Il vient de publier un livre qui réagit à l’effacement rapide du christianisme en France (la Suisse romande ne se porte guère mieux). Il ne donne pas de recettes, mais part de la question que lui posait son père avant de mourir: «Quel est le chemin? Pourquoi suis-je là?».
Question formidable, la seule qui compte. Et ni le travail ni le sport ni Game of Thrones ne nous disent pourquoi il vaut la peine de vivre. Au mieux, les magazines conseillent le yoga pour «lâcher prise». Ou les petites pastilles blanches de Michel Houellebcq dans Sérotonine. Mais Jean-Pierre Denis a raison: il faut partir de ces pourquoi. Parce qu’ils nous ramènent à l’essentiel. Parce qu’ils nous aident à voir ce que j’appelle des miracles: un sourire inattendu, la lettre d’un lecteur, une réconciliation apparemment impossible. Les bourgeons qui percent l’écorce du bois sec.


Ce n’est ni un slogan ni un souvenir de catéchisme.


 Comme le directeur de La Vie, je crois que la seule réponse valable a été donnée au matin de Pâques: «Il est ressuscité». Mais ce n’est ni un slogan ni un souvenir de catéchisme. C’est un fait qu’on peut vérifier à travers mille signes à condition de porter un regard amoureux sur la vie.
L’insignifiance même de ces signes ne doit pas nous arrêter, car Dieu chausse petit. Après sa résurrection, Jésus aurait pu aller chez Pilate, Hérode et les pharisiens en criant: «Vous pensiez être les plus forts, mais je suis de retour! C’est moi qui ai gagné!». Rien de tel: quelques apparitions discrètes parmi les siens avant de se barrer en disant: «Je serai toujours avec vous». Oui, mais c’est à nous de le trouver.
Dieu nous écrase pas de sa puissance, c’est nous qui devons bouger. Au lieu de râler sur le réchauffement climatique et les crétins qui nous gouvernent, il nous appartient de chercher les signes de cette autre vie possible.
Car Pâques revient chaque matin, pour nous aussi.

 

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