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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Vendredi, 13 Décembre 2019 00:00
 

Edito: Sardines et casseroles

Aude Pidoux_interieurL’actualité, fortement influencée par les réseaux sociaux et internet, donne parfois l’impression d’une suite d’injustices, de violences et de mesquineries sans fin. Heureusement, dans tous ces borborygmes d’infos et d’infox qui se déversent sur nos écrans, il y en a qui donnent de l’espoir.

Les manifestations qui ont cours depuis quelques semaines au Liban en font partie (voir en pages 14-15). Là, la population est parvenue à s’élever au-dessus des manigances politiciennes qui s’attachent à diviser – en sunnites, chrétiens, chiites, alaouites – pour mieux régner. Excédés, les gens disent stop. «Allez-vous en tous», crient-ils à leurs dirigeants. «Et quand on dit tous, c’est tous!»
Les Libanais découvrent qu’ils peuvent être unis dans leur désir de vivre dans un pays qui les respecte et fonctionne. Et ce malgré leurs différences confessionnelles et politiques. La même tendance se perçoit ailleurs dans le monde: ces jours-ci, les Colombiens tapent sur des casseroles pour marquer leur mécontentement généralisé à l’encontre des méthodes du gouvernement – et refusent toute violence dans les manifestations. De même, en Italie, des «sardines» envahissent depuis quelques semaines les places principales des villes. Serrés les uns contre les autres, les manifestants se contentent d’être là en silence. «Pas de drapeau, pas de parti, pas d’insultes»: antifascistes, les sardines italiennes rejettent les discours de haine et le souverainisme qu’incarne Matteo Salvini, le dirigeant de la Ligue (extrême droite), mais aussi une certaine manière de faire de la politique.


A ceux qui parlent fort, elle oppose le silence. A ceux qui divisent, l’unité.


 Alors que beaucoup de politiciens misent sur les extrêmes et la stigmatisation pour se faire élire et que les réseaux sociaux relaient leurs inepties avec ferveur, il semble que la majorité silencieuse commence à sortir de l’ombre. Sa méthode? Faire l’inverse de ce que font ceux qu’elle dénonce. A ceux qui parlent fort, elle oppose le silence. A ceux qui divisent, l’unité. A ceux qui prônent l’usage des armes, la non-violence. Et partout, alors que de Trump à Poutine en passant par Erdogan, Xi Jinping et Duterte, on vante les dirigeants «virils», voire autoritaires, la protestation s’affiche sans chef ou leader d’aucune sorte.
«L’absence de leader est un signe des temps. C’est dire combien la chose politique a dégoûté les peuples», commente l’écrivain Tahar Ben Jelloun dans Le Point. Toutefois, s’il est relativement facile de manifester son mécontentement, il est plus difficile de construire un monde meilleur. Pour y parvenir, il faudra que les protestataires prennent goût à la politique et qu’ils y apposent leur marque.

Mise à jour le Vendredi, 13 Décembre 2019 15:54
 

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