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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Jeudi, 05 Décembre 2019 00:00
 

Edito: Un bel Avent à vous

Aude Pidoux_interieur

Ouf, novembre est passé. Il a fait gris, pluvieux, frisquet. Un vrai temps de novembre. Mais ça ce n’est rien, on y est habitués. Non, le plus difficile de nos jours, en cette saison, c’est de résister au marketing. A cette loi qui veut qu’à peine les courges de Halloween et le matériel à brisolée rangés, les magasins sortent boules, guirlandes et sapins pour vendre «la magie de Noël». Si on n’y prend pas garde, on risque d’être lassé avant l’heure! Le mois de novembre pourrait gâcher celui de décembre.
Chacun développe ses stratégies. Les uns s’interdisent de fredonner le moindre chant de Noël entre le 1er et le 30 novembre. D’autres renoncent à se rendre au centre-ville, ou alors seulement avec des œillères empruntées à leur cheval préféré, afin de ne pas se laisser distraire par les boules et les guirlandes scintillantes. D’autres en prennent leur parti. Il est difficile d’aller contre les tendances de son époque, surtout quand elles surenchérissent chaque année.
Depuis peu, pour combler un «creux de novembre» qui semblait pourtant bien rempli, a débarqué dans nos contrées une magnifique invention américaine, le Black Friday. Autant dire une tentation supplémentaire à laquelle certains essaient aussi de résister pour des raisons environnementales, idéologiques ou morales. D’autres pas, mais pas toujours à leur avantage: une de mes connaissances s’est offert une montre soldée à 299 francs – une offre spéciale Black Friday – vendredi dernier dans un de nos grands centres commerciaux nationaux. Pour réaliser, quelques heures plus tard en la montrant à un ami, que celui-ci avait acheté la même montre deux semaines plus tôt dans le même magasin. Non soldée, mais à 259 francs, soit 40 francs moins cher!


Si on n’y prend pas garde, le mois de novembre pourrait gâcher celui de décembre.


La meilleure économie, ce n’est pas d’acheter moins cher mais de ne rien acheter du tout, chuchotent des voix couvertes par la symphonie commerciale ambiante. Mais à l’heure où chacun redoute les conséquences climatiques de notre mode de vie, le marketing n’a que faire de nous aider à mettre en pratique la sobriété heureuse tant vantée.
Heureusement, décembre est là. On peut sans mauvaise conscience décorer, allumer la première bougie de la couronne, confectionner des biscuits, s’émerveiller des beautés de l’Avent... et choisir ou pas de se lancer dans la course aux cadeaux.
L’important, finalement, est de ne pas oublier que c’est nous qui vivons et célébrons les fêtes, et que l’aide que nous fournissent les commerces, malgré leurs promesses «d’expérience magique», est purement intéressée.

Mise à jour le Jeudi, 05 Décembre 2019 08:58
 

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