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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Mercredi, 13 Novembre 2019 00:00
 

Edito: Marcher ensemble

Geneviève

Après les révélations en cascade, depuis l’an dernier, d’abus sexuels, de pouvoir et de conscience commis par des clercs sur des mineurs et des personnes fragiles, l’Eglise catholique s’est trouvée ébranlée jusque dans ses fondements. Beaucoup ont pris la plume pour exprimer leur indignation, dénoncer ou expliquer, et nombre d’ouvrages ont jalonné ces derniers mois, relayant la colère des victimes, l’incompréhension des fidèles et la consternation des responsables.
Ce qui a choqué – outre la violence des abus et leurs conséquences physiques, psychologiques, spirituelles et ecclésiales –, c’est la mise au jour d’un système qui non seulement a permis le pire, mais a couvert les auteurs. Un système fort bien analysé par Marie-Jo Thiel, éthicienne et médecin, dans L’Eglise catholique face aux abus sexuels sur mineurs (Bayard, 2019), une somme née de vingt ans de travail sur ces questions. Un système qui a prospéré sur l’impunité et le secret, ces deux bastions du cléricalisme qu’il s’agit aujourd’hui de défaire.
Les paroisses sont touchées, et beaucoup ont organisé des conférences et des débats qui ont permis de reconnaître les faits, de donner la parole aux victimes et de proposer des solutions. Le séisme a aussi secoué nombre de communautés religieuses fondées au siècle dernier.


Remettons en valeur le sacerdoce baptismal.


Elles sortent de leur aveuglement et entreprennent un travail de fond, comme les Frères de Saint-Jean qui ont opté pour une refondation. Ils affirment désormais haut et fort que leur fondateur historique, le Père Marie-Dominique Philippe – dont ils ont découvert les abus ces dernières années –, ne peut plus être considéré comme «leur maître de vie spirituelle».
Que faire? Comment répondre à l’appel du pape François dans sa Lettre au peuple de Dieu du 20 août 2018 d’une «conversion de l’agir ecclésial» qui est l’affaire de tous? Deux pistes sont esquissées: le sacerdoce baptismal et la synodalité. Il est urgent de remettre en valeur le sacerdoce baptismal, cette égalité foncière de tous les baptisés qui les fait, dans le Christ, prêtres, prophètes et rois, affirme avec vigueur Anne-Marie Pelletier docteure en sciences des religions, dans son dernier ouvrage, L’Eglise, des femmes avec des hommes (Editions du Cerf, 2019). Donnant «accès à la plénitude de la vie chrétienne», il est un puissant antidote au patriarcat et une chance de voir émerger «une parole féminine autorisée et audible dans l’Eglise».
La synodalité, ce «marcher ensemble», est un appel à partager nos charismes, femmes et hommes, laïcs, consacrés et clercs, pour nettoyer la plaie des abus et former une Eglise de miséricorde et de proximité en réponse aux questions de nos contemporains.

Mise à jour le Mercredi, 13 Novembre 2019 15:38
 

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