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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Mercredi, 30 Octobre 2019 00:00
 

Edito: Retour à l'équilibre

Aude Pidoux_interieurIl faut bien mourir un jour.
Ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont.
C’est la dure loi de la nature.
Tout a une fin.
On ne peut rien faire contre le destin.
Ça fait partie de la vie.

Deux choses sont certaines: on meurt autant qu’avant et, à ce sujet, la liste des banalités* est longue.
Pourtant, aime-t-on répéter en ce jour de Toussaint – et même dans votre magazine préféré (voir en page 32) –, la société d’aujourd’hui occulte la mort. On emploierait des euphémismes pour en parler, on cacherait les cadavres, on se banderait les yeux face à notre fin certaine... Vraiment? Ou s’agit-il d’une de ces lamentations qu’on répète de génération en génération – comme quand on se plaint des «jeunes d’aujourd’hui» – parce que la vie change et que rien n’est jamais comme avant?
Cercueils à peindre soi-même, cérémonies personnalisées, cendres qu’on disperse en haut des montagnes, suicides, enfants mort-nés, soins palliatifs, difficultés vécues par les proches aidants... Depuis deux semaines, pas un jour ne passe sans que l’un ou l’autre de nos médias n’aborde le thème de la mort. De manière plus générale, le vieillissement de la population, les avancées de la médecine et l’arrivée dans le paysage suisse d’organisations comme Exit nous obligent, en tant que société et individus, à nous confronter à la mort, à en parler et à exprimer quel type de fin nous souhaitons.


On ne meurt plus comme avant, et de plus en plus rarement dans son lit.


 Une Colombienne m’a raconté comment elle a pris soin de son beau-père malade à la maison. Ce dernier a hurlé de douleur pendant des jours avant de succomber. La famille n’avait pas pu lui procurer des médicaments à même de le soulager... Ce genre de situation paraît impensable de nos jours en Suisse. Même si mourir peut encore faire mal, la médecine dispose d’une large palette de produits à même d’atténuer la douleur.
Peut-être l’impression d’occulter la mort tient-elle au fait que sa réalité a changé. On ne meurt plus comme avant, et de plus en plus rarement dans son lit: plus de 80% des décès surviennent à l’hôpital ou en maison de retraite. Ce faisant, on souffre moins physiquement. Ce n’est donc pas tant la mort qui disparaît de notre société que sa facette la plus insupportable: l’agonie et la douleur.
Est-ce un mal? On peut aussi imaginer qu’à terme, la perspective d’une mort moins douloureuse permette de mieux appréhender la fin de notre vie sur terre. Car, même si 80% de la population mondiale croit en une forme ou l’autre de vie après la mort, celle-ci fait peur. Et les banalités citées plus haut servent, surtout, à l’apprivoiser.

 

 

Mise à jour le Mercredi, 30 Octobre 2019 10:46
 

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