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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Mercredi, 02 Octobre 2019 00:00
 

Edito: Amazonie, encore vivante

Aude Pidoux_interieur

«J’ai eu beau chercher des choses positives à raconter, je n’ai rien trouvé», m’a confié, ébranlé, notre journaliste chargé de dresser un tableau général de la situation en Amazonie brésilienne (voir notre dossier spécial). Autant vous prévenir: ce n’est pas un sujet joyeux. Il est question de meurtres, d’esclavage, de pesticides, d’agrobusiness, de déforestation, d’indigènes chassés de leurs terres, d’élevage intensif, d’exploitation minière. L’Amazonie, cette immense forêt qui parle à l’imaginaire, cette région qui, pendant des siècles, a résisté aux explorateurs et aventuriers occidentaux, ce «cordon ombilical de la Terre», comme l’appelle un autre de nos journalistes, renvoie aujourd’hui une image bien plus tragique: celle d’un concentré des dérives de notre système économique.
Profit à outrance, court terme, exploitation, inégalités, pollution: les maux qui affectent l’Amazonie sont répandus, à doses variables, sur toute la Terre. Mais la différence aujourd’hui, c’est que tout le monde le sait. Les écoliers manifestent, les adultes s’interrogent. Tout le monde est au courant et s’émeut de la disparition des insectes, des changements climatiques ou de la pollution que génère le mode de vie occidental, vendu partout dans le monde comme le seul valable.
On ressent, ces temps, comme une atmosphère de fin du monde qui donnerait presque envie de sombrer dans le désespoir. C’est la crise. En Amazonie comme ailleurs. Mais les crises, en nous forçant à ouvrir les yeux, peuvent aussi précéder un renouveau.


Les maux qui affectent l’Amazonie sont répandus,
à doses variables, sur toute la Terre.


Le synode de l’Eglise catholique sur l’Amazonie va dans ce sens: qui aurait imaginé, il y a dix ans, le pape et les évêques débattant d’une «écologie intégrale», de la nécessité de «repenser les structures ecclésiales en dépassant des formes culturelles désuètes» ou encore de la possibilité de proposer des ministères officiels aux femmes? L’Eglise, arrivée en Amazonie il y a 500 ans avec «des représentations d’infériorisation et de diabolisation des cultures indigènes» doublées «d’un néocolonialisme féroce sous couvert de progrès», selon les mots du pape François, parle désormais de respecter les rites et la sagesse ancestrale des peuples autochtones.
Quel changement! Si même une institution millénaire comme l’Eglise catholique parvient à effectuer un tel revirement, nul doute que nos jeunes sociétés consuméristes, encouragées par les cris de nos enfants et adolescents, vont y arriver aussi. L’Amazonie n’est pas encore morte.

Mise à jour le Mercredi, 02 Octobre 2019 13:27
 

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