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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Vendredi, 20 Septembre 2019 00:00
 

Edito: Ces pauvres papas

Aude Pidoux_interieurIl n’est pas toujours facile d’être papa. Généralement, ils se réjouissent terriblement de la naissance de leur bébé. Ce doit être frustrant, alors que la maman enceinte sent le moindre mouvement du bébé dans son ventre, s’habitue à l’imminence de sa venue et crée déjà un lien, de devoir attendre qu’il sorte pour pouvoir enfin le toucher, le sentir, le découvrir. Et, quand il est enfin là, il ne doit pas être facile non plus de faire sa place dans la vie du bébé obnubilé, au début, par le sein qui le nourrit.

Pour commencer à créer cette relation, celle d’un père avec son enfant, les heureux papas suisses avaient, jusqu’à présent, un jour. Ils auront bientôt deux semaines.

On parle ici d’une nouvelle vie. L’événement le plus marquant qui soit. On parle aussi d’une maman qui vient de donner la vie. L’événement le plus exténuant qui soit. On parle ensuite de nuits au sommeil entrecoupé par les innombrables tétées, de journées passées à apprivoiser ce petit être et à s’assurer qu’il se développe, grandisse et se fortifie. On a envie de tout lui donner, de faire tout juste, de lui préparer le meilleur des départs dans l’existence.

Pour ce faire, la maman a quatorze semaines et le papa désormais deux semaines. Après, retour au boulot. La marche du monde, l’économie, l’avenir n’attendent pas.


On oublie que l’avenir, c’est avant tout ce bébé qui vient de naître.


On oublie pourtant que l’avenir, c’est avant tout ce bébé qui vient de naître. Et que lui laisser le temps de développer des liens affectifs forts, lui donner l’occasion de faire grandir sa confiance et son estime de soi, lui permettre de se sentir entouré et aimé, c’est aussi construire le monde à venir. Un monde peuplé d’individus sains qui ne cherchent pas à combler leurs manques affectifs avec l’argent, le pouvoir ou la violence, mais qui mènent leur existence avec générosité et considération pour les autres. Les avocats ne s’y trompent pas qui, pour excuser les crimes de leurs clients, plaident l’enfance malheureuse: l’enfance nous construit, elle édifie nos fondations et nos repères.

En 2019, alors que de nombreux pays font le pari d’investir pour un début de vie harmonieux en offrant un congé parental conséquent, la décision du Parlement d’accorder deux semaines de congé paternité n’a rien d’historique. Plutôt un petit air préhistorique.

Cela, certes, épargnera un peu d’épuisement aux parents, mais ne changera rien au déséquilibre dans les relations familiales qui semble inconcevable à beaucoup de papas d’aujourd’hui. Or, sans la possibilité pour les pères de s’occuper vraiment de leur bébé, ce déséquilibre est difficilement évitable.

Mise à jour le Mercredi, 25 Septembre 2019 12:49
 

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