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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Jeudi, 19 Septembre 2019 00:00
 

Edito: Revenir au pays

Aude Pidoux_interieurLes pays de l’Union européenne qui appartenaient autrefois au bloc de l’Est voient leur population décroître depuis 1989 (voir en page 10). Parmi les plus touchés, la Bulgarie, la Lettonie et la Lituanie – qui comptaient déjà parmi les pays les moins densément peuplés d’Europe – ont perdu plus d’un cinquième de leurs habitants en 30 ans. Pourquoi? Parce que la vie est difficile: beaucoup de jeunes partent tenter leur chance en Europe de l’ouest ou, s’ils restent, font peu d’enfants. Résultat? La population vieillit; l’Etat, manquant de moyens, a du mal à assumer ses responsabilités sociales et la situation se détériore, menant ceux qui restent à se poser eux aussi la question de l’émigration ou du renoncement aux enfants.

Plusieurs pays de l’est de l’Europe, mais aussi le Portugal, tentent désormais de lutter contre ce phénomène de dépeuplement qui les touche. Ils ont lancé des programmes visant à encourager les émigrants à revenir. Les uns offrent une aide financière, les autres des réductions d’impôts. «Mais il serait naïf de penser que les ménages reviennent pour toucher une allocation, estime la démographe Agnieszka Fihel. Ce sont les attaches avec le pays qui priment.»


Essayer d’être ouvert aux rencontres, d’être sympathique dans une langue qui n’est pas la sienne.


Vu d’ici où la population, le nombre d’embouteillages et les loyers augmentent régulièrement depuis des années, on ne pense souvent pas assez aux questions que doivent ruminer les personnes qui font le choix de l’émigration. Ces dernières décident de quitter leur famille, leurs amis, leurs quartiers et leurs souvenirs pour une hypothétique vie meilleure ailleurs, où il sera peut-être plus facile d’obtenir un travail, mais où il faudra aussi tout reconstruire: trouver des amis, se créer un train-train, cuisiner d’autres ingrédients, apprivoiser un nouveau système, essayer d’être ouvert aux rencontres, d’être sympathique et spontané dans une langue qui n’est pas la sienne tout en travaillant d’arrache-pied.
Comme l’explique à demi-mot Agnieszka Fihel, pour faire revenir les émigrants dans leurs pays d’origine, l’argent n’est pas le seul argument: afin de retrouver une démographie saine, les pays concernés pourraient peut-être aussi axer leur politique de repeuplement sur ce qui les rend uniques et merveilleux: un plat, un ingrédient, un paysage, une musique, une culture, des gens qui parlent la même langue. Tout ce qui donne le sentiment de se sentir, finalement, à la maison. Car c’est ça, aussi, qui rend heureux.

Mise à jour le Mercredi, 25 Septembre 2019 12:43
 

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