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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Dimanche, 18 Août 2019 00:00
 

Edito: Emportés dans un autre monde

Geneviève

Près d’un an après sa Lettre au peuple de Dieu du 20 août 2018 sur les abus sexuels, le pape François a adressé, le 4 août, une Lettre aux prêtres à l’occasion des 160 ans de la mort de saint Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars. Dans la tourmente qui touche l’Eglise catholique toute entière, c’est en «frère aîné» et en «père» qu’il s’adresse aux prêtres pour les remercier, les réconforter et les encourager à raviver la flamme de leur vocation (voir pages 32 à 34). Confiant que ce «temps de purification» portera du fruit.

François rend hommage à la fidélité des prêtres, aux risques qu’ils prennent pour annoncer l’Evangile, à leur «courageux et constant exemple». Il leur rappelle qu’ils sont au service du peuple de Dieu – et qu’ils viennent de lui! –, invités à l’écouter dans une proximité faite de tendresse et de compassion, «un style de vie austère et simple, sans accepter des privilèges qui n’ont pas la saveur de l’Evangile». Nous voilà fort éloignés du prêtre membre d’une élite qui exerce son ministère comme un pouvoir! C’est un homme qui se sait pauvre devant Dieu, blessé, fragile, en sortie, sur les «chemins toujours poussiéreux de l’histoire».

Et la poussière des chemins, il la connaît, le prêtre du 21e siècle. «Tout n’est pas rose. Parfois je porte des couleurs grises, empreintes de brouillard et qui ne sentent pas toujours l’encens», me confiait un jour un curé de paroisse. Il courait d’une activité à l’autre, s’épuisant en de multiples tâches. Il est vrai que les vocations se raréfiant, les responsabilités s’accroissent et la pression s’accentue. Et à l’heure des réseaux sociaux, il n’est pas aisé de rassembler des communautés vieillissantes et de rejoindre les générations montantes.


Les vocations se raréfiant, les responsabilités s'accroissent et la pression s'accentue.


Etre prêtre aujourd’hui est loin d’être facile. «La croix, on ne la porte pas sur son veston, poursuivait mon ami. On la porte dans son cœur. Et comme elle est non seulement objet de souffrance mais également instrument de salut et symbole de la Résurrection, c’est aussi du fond de soi que doit émerger la lumière de la joie pascale.»

Un prêtre comme tant d’autres, fidèle, généreux, qui tente, dans un quotidien bien rempli, de dire le feu de l’Evangile. Convaincu qu’il vaut la peine, comme dit le pape, «de tout donner pour le Seigneur et pour son Royaume» – et capable de le faire le moment venu, comme le Père Jacques Hamel. Reste que, certains jours, le doute ronge, la fatigue use et le découragement guette: alors oui, cette lettre fait du bien, et les prêtres qui témoignent dans ces pages le disent. Comme eux, ils sont nombreux à vivre leur vocation dans la discrétion et la persévérance. Ils existent. Ils font vivre l’Eglise. C’est eux que François salue dans ces lignes, et de fort belle manière. beau.

Mise à jour le Mercredi, 21 Août 2019 14:55
 

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