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top news photography Saint-Ursanne: les employés de l’hôtel sont «extra-ordinaires»

L’hôtel Demi-Lune, à Saint-Ursanne, emploie depuis avril des jeunes qui ont un handicap mental. Une histoire née de la conviction que chacun a quelque chose à donner. Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Mercredi, 29 Mai 2019 00:00
 

Edito: Un train sans wagons

patrice1«Dans un monde de carnivores, les Européens sont les derniers végétariens. Ils sont une proie.» J’ai relevé cette citation d’Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères*. Elle traduit bien le discours qui a dominé les élections européennes.
Dans les médias, le ton était à la panique. Celle des élites, des possédants et de tous ceux dont le métier est de penser. «Dans le monde qui s’annonce, les Européens n’existeront qu’ensemble, pouvait-on lire dans un récent éditorial du Monde. Seuls, on est écrasé, marginalisé, acculé à négocier en position de faiblesse.» Quand Donald Trump et la Chine jouent au plus fort, que pèsent des pays comme la France, l’Espagne et même l’Allemagne?
L’Union européenne, au contraire, a un poids. Elle a fait plier Google, Apple et d’autres multinationales. Elle dispose d’une monnaie, l’euro, qui a ses faiblesses, mais qui est une des seules alternatives au dollar. Tel a été le message martelé pendant des semaines: dans un monde de loups, il faut une Europe unie et forte. Et ceux qui veulent pas «plus d’Europe» sont des idiots ou des gilets jaunes.
Mais ce discours n’a pas convaincu les partisans de Marine Le Pen en France, de Matteo Salvini en Italie ou de Viktor Orban en Hongrie. Sans oublier les Anglais du Brexit et tous ceux qui dénoncent la «dictature» de Bruxelles. Ils ont progressé partout.
A lire les experts, cet euroscepticisme est la conséquence des inégalités croissantes: l’Union européenne n’offre plus (ou plus assez) de protection sociale contre les vents glacials de la mondialisation. Les classes populaires, suivies des classes moyennes, décrochent. «Les élites européistes sont devenues des locomotives sans wagons», autre formule choc d’Hubert Védrine.


L’Europe ne peut  pas être un  territoire géré par  des technocrates.


 Cette analyse a une part de vérité, mais elle ne dit pas tout. En particulier le besoin des Européens d’être respectés dans leur culture et leur histoire. Le besoin d’une réponse au défi écologique. L’économie ne suffit pas pour créer une identité commune, surtout quand l’économie est en crise et qu’elle détruit l’environnement. L’Europe ne peut pas être qu’un territoire géré par des technocrates insensibles à l’âme des peuples qui la composent.
Au lendemain de ces élections, la question n’est pas de savoir s’il faut une Union européenne, mais laquelle. Une Europe réellement communautaire, donc respectueuse de la diversité de ses membres et attentive aux plus faibles, est encore à construire.
C’est d’ailleurs la seule Europe dans laquelle la Suisse pourrait trouver sa place.

Mise à jour le Mercredi, 29 Mai 2019 15:26
 

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