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top news photography La foi, bouclier de l'Europe, vraiment?

Politologue français, professeur à l’Institut universitaire européen de Florence, Olivier Roy est connu pour ses analyses sur l’islam. Il n’est pas insensible au fait religieux qu’il éclaire dans son dernier livre en s’interrogeant sur ce qu’il reste d’identité chrétienne en Europe. Entretien dans son bureau avec vue sur les collines toscanes. Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Jeudi, 16 Mai 2019 00:00
 

Edito: Ah, ce coup de froid!

patrice1A peine avais-je fleuri mon balcon, ce week-end, que j’ai dû rentrer mes roses, bégonias et autres dahlias ratatinés par la bise. Un 12 mai! Et on nous parle de réchauffement climatique…

 

Je rigole? A peine. Donald Trump n’est pas le seul à se moquer des scientifiques chaque fois que le thermomètre descend en dessous de zéro. Confondant ainsi les caprices de la météo avec les tendances lourdes du climat, pourtant bien établies. Mais cela ne convainc pas les climato-sceptiques. Ils veulent bien admettre que les étés sont brûlants, mais pas que la planète entière se paie un coup de chaud. Ni que les activités humaines en sont en grande partie responsables.
La polémique embrase les réseaux sociaux en ce moment avec la vidéo d’une écolo française qui participait à un débat sur CNews, une chaîne d’information en continu. Cette jeune femme, Claire Nouvain, en est sortie «folle de rage» parce qu’elle s’est fait traiter de folle, de dingue et d’hystérique par l’animateur et les autres participants. «Les gens comme vous vendent une espèce de religion», lui a lancé une invitée qui défendait le droit d’être sceptique face aux «croisés du climat».
Tout cela, encore une fois, pourrait être comique. On se croirait dans une cour de récréation. Le fond est évidemment plus préoccupant, et pas seulement parce que la crise écologique a des effets dévastateurs sur toutes les espèces vivantes. Plus grave à mes yeux est la perte de crédit du discours scientifique - qui a remplacé pour nombre de nos concitoyens les anciennes vérités religieuses. Déjà qu’on ne croit plus en Dieu, que reste-t-il quand on ne croit plus en la science? Sur quels critères raisonnables fonder ses choix, ses décisions?
Cette crise de la vérité se vérifie dans la multiplication des thèses complotistes et autres fake news. Même l’incendie de Notre-Dame de Paris n’échappe pas au soupçon généralisé. «Vous croyez à un accident, vous? Moi, je suis sûre qu’il y a autre chose», me disait il y a quelques jours une lectrice de l’Echo. Ben voilà: puisque nous sommes manipulés par les multinationales (ce qui est en partie vrai), par la Chine, Moscou ou Facebook, nous en venons à douter de tout.


Elle s'est fait traiter de folle, de dingue et d'hystérique.

 


Ajoutez à cela le fait que 36% des Suisses ne lisent plus les journaux ni n’écoutent la radio et la télévision: c’est la porte ouverte à toutes les dérives, à toutes les «solutions», même les plus irrationnelles.

 

Sauf pour les lecteurs de l’Echo qui ne courent pas ce risque, car ils sont bien informés, eux. Le coup de froid du 12 mai? A cause des saints de glace, évidemment…
Elle s’est fait traiter de folle, de dingue et d’hystérique.

Mise à jour le Jeudi, 16 Mai 2019 12:21
 

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